2003/FILLON et le Front populaire

 [lors de la séance suivante]
« -Un député communiste [Monsieur G]. Je m’interroge, monsieur le ministre,  sur les raisons qui ont pu vous conduire, cette nuit, au dérapage sur le Front populaire. Je ne comprends pas.
Je rappellerai un point d’histoire. En 1938, un certain nombre de personnes se proclamaient plutôt pour Hitler que pour le Front populaire. Voilà l’histoire !
« – député socialiste 1. Tout à fait !
« -Le député communiste. Je pense en particulier à de grands groupes industriels.
« – Député de droite  4.
Que diriez-vous du pacte germano-soviétique ?
« -Le président. S’il vous plaît, chers collègues !
« -Le député communiste. Je vous en prie, je parle de l’histoire de France ! (Protestations sur les bancs de l’UMP.)
« – Député de droite  4. Il faut parler de toute l’histoire alors !
« – Député de droite  5. Nous n’avons pas de leçon à recevoir de vous !
« -Le président. Chers collègues, je vous propose de laisser Monsieur G. s’exprimer.  […]. Si vous l’interrompez, il ira plus loin.
« – député socialiste 1. Absolument !
« -Le député communiste. En effet, monsieur le président, même si je ne le souhaite pas. (Sourires.)
« – Député de droite  4.
Il a déjà été trop loin !
« – Député de droite  5.
On ne peut pas le laisser dire n’importe quoi !
« -Le président. Poursuivez votre propos, monsieur G..
« -Le député communiste. Je suis sérieux : « plutôt Hitler que le Front populaire ». Et le général de Gaulle en a tiré un certain nombre d’enseignements, je vous le rappelle, peut-être l’avez-vous oublié ?
« – député socialiste 1. Tout à fait ! Notamment sa méfiance à l’égard des partis !
« -Le député communiste.
Quand, à la Libération, le général de Gaulle a décidé les nationalisations, c’était non seulement pour des raisons économiques, mais aussi pour faire payer ceux qui avaient trahi la France.
« – député socialiste 1.
Absolument !
« -Le député communiste.
Ceux qui avaient choisi plutôt Hitler que le Front populaire !
« – député socialiste 1.
De Gaulle, Le Garrec [le député socialiste, ancien ministre], même combat sur les nationalisations !
« -Le député communiste.
On peut penser ce qu’on veut, être opposé au Front populaire, toute opinion est défendable, mais on ne doit pas trahir son pays.
« – Député de droite  5. Eh oui !
« – Député de droite  4. Ce n’est pas ce qu’a fait Marchais ?
« -Le député communiste. Or certains l’ont fait pour des intérêts mercantiles !
« – Député de droite  4. Marchais !
« -Le député communiste. Je vous en prie. Ne venez pas me donner des leçons. Je vous rappellerai que le député d’Amiens Jean Catelas, un de mes prédécesseurs, a été guillotiné par Vichy sur ordre des nazis, le 24 septembre 1941, en chantant La Marseillaise.
« -député socialiste 5.
Eh oui !
« – Député de droite  4.
Et Marchais, il était où ?
« – Député de droite  5.
Et Thorez ?
« -Le député communiste.
Je vous en prie, un peu de pudeur !
« – Député de droite  5. C’est ce que j’allais vous dire !
« -Le député communiste. Moi, je ne fais pas de procès d’intention, je rappelle des faits historiques.
 « – Député de droite  4. C’est une plaisanterie ! »
Compte rendu intégral
http://www.assemblee-nationale.fr/12/cri/2002-2003/20030003.asp#PG18 ( AYRAULT )
http://www.assemblee-nationale.fr/12/cri/2002-2003/20030006.asp#PG5 (GREMETZ)