Débat sur les retraites 2003_AMBIANCES au jour le jour

j09 ( 19 juin )
désaccords tous azimuts ( UMP/PS ; PS/PCF)

altercation UMP-PS
( à propos des femmes ) 

 « Quand Mme Zimmermann a commencé son intervention, j’étais à la buvette [Exclamations sur les bancs du groupe de l’UMP.] et, au risque de laisser refroidir mon café, je me suis concentré sur ses propos. […]
Mais Mme Zimmermann m’a tout de suite déçu, et j’ai recommencé à boire mon café. » [J.P.BRARD]

Il faut dire que Marie-Jo Zimmermann n’a pas fait dans le genre consensuel !

« – Le président.La parole est à Mme Marie-Jo Zimmermann.
– Marie-Jo Zimmermann. Monsieur le président, monsieur le ministre, je n’avais pas l’intention d’intervenir…
– François Liberti.Pourquoi vous justifier ? C’est bien d’intervenir !
– Marie-Jo Zimmermann.mais je crois important, après neuf jours de débats,…
– François Liberti.Et ce n’est pas fini !
– Marie-Jo Zimmermann.de dénoncer certaines choses.
Nos collègues socialistes, dans la discussion générale comme à l’occasion de l’examen des articles 1er, 2 et 3, n’ont eu de cesse d’utiliser les femmes pour essayer de démontrer que le projet du Gouvernement sur les retraites était un mauvais texte. […] Je souhaite mettre les choses au point.
[…]
Pendant près de vingt ans, mes chers collègues, vous avez été au pouvoir. Vous avez bien sorti des lois sur l’égalité professionnelle en 1983 et en 2001, mais, entre-temps, je suis désolée, vous n’avez rien fait. Aujourd’hui, le Gouvernement est prêt à travailler sur la question et la façon dont vous tentez d’utiliser les femmes est quelque peu scandaleuse. (Applaudissements sur les bancs de l’UMP.)[…]
Si les femmes sont dans cette situation, c’est tout de même parce que, pendant près de vingt ans, vous n’avez rien fait ! On peut toujours parler pendant les campagnes électorales, mais l’important, lorsqu’on est au pouvoir, c’est d’agir ! (Applaudissements sur les bancs de l’UMP.)
Denis Jacquat. Très bien ! »

Et l’exposé – la plaidoirie, devrait-on dire – se termine sur le même registre :

« – Marie-Jo Zimmermann.Ce projet de loi contient donc de multiples avancées. Reconnaissez-le, au lieu d’utiliser les femmes pour chercher à démontrer qu’il ne résout pas les problèmes. De grâce, parlez enfin des retraites et cessez d’utilisez les femmes. Celles-ci ne vous en seront pas reconnaissantes !
– Denis Jacquat.Très bien !
– Marie-Jo Zimmermann. Cessez d’exploiter les femmes ! (Applaudissements sur les bancs de l’UMP. – Protestations sur les bancs du PS et du PC. )
– André Berthol.
Ça a un nom !
– Maxime Gremetz.
C’est le monde à l’envers !
– Jacqueline Fraysse. Ce sont les patrons qui les exploitent !
– François Liberti.
Le MEDEF !
– Marie-Jo Zimmermann. Pour notre part, et vous en êtes conscients, nous serons peut-être capables de faire en quatre ans ce que vous n’avez pas fait en près de vingt ans. (Applaudissements sur les bancs de l’UMP.) »

Inutile de dire que les socialistes – députés et députées solidaires – n’ont pas laissé passer une telle attaque sans réagir ! Mais la place me manque pour narrer plus avant leur réaction.

 Quand les communistes refusent
de s’associer à un accord PS/ UMP
portant sur le déroulement des débats.

Marie-Jo Zimmermann était-elle « en service commandé » comme l’affirme Catherine GENISSON ? je ne sais.

Toujours en est-il que son intervention se situe à un moment où les relations entre majorité et opposition sont des plus tendues (en fait, on connaîtra pire !).

Témoin, cet épisode.

Profitant – vraisemblablement – du fait que ce n’était pas Jean-Louis Debré qui présidait la séance – Jacques BARROT …
( J. BARROT est, je le rappelle, président du groupe UMP ; c’est lui qui avait demandé à ses troupes de ne pas s’inscrire dans la discussion / … et, de fait, Marie-Jo ZIMMERMANN fut l’un(e) des seul(e)s député(e)s UMP à intervenir de façon substantielle dans le débat )
… demande à Eric RAOULT [UMP], qui préside la séance , d’appliquer un article du Règlement (l’article 57) qui permet de limiter le nombre des intervenants sur un article .
Après discussion, Jean-Marc AYRAULT donne l’accord du groupe socialiste pour appliquer une telle procédure : ce ne sont plus vingt ou trente députés qui pourront prendre la parole les uns à la suite des autres, mais trois ou quatre par article.

Un tel accord n’est pas du tout du goût des communistes.

« – Maxime Gremetz. Je demande la parole pour un rappel au règlement.
Le président. La parole est à M. Maxime Gremetz, pour un rappel au règlement […]
– Maxime Gremetz. Je sais d’expérience, mesdames, messieurs, que l’on ne gagne jamais à se comporter comme vous l’avez fait. Vous avez le choix de vos armes, nous des nôtres. Nous savons nous servir de nos armes et vous verrez que vous n’y gagnerez rien, ni le débat non plus. Point à la ligne.
(Exclamations sur les bancs de l’UMP.)On en a souvent fait l’expérience !
Si vous avez décidé d’être muets comme des carpes, c’est votre affaire ! Si vous n’avez rien à dire, c’est votre affaire !
[…]
[Quant à nous], nous n’acceptons pas l’accord qui a été passé entre la majorité et une partie de l’opposition. On ne passera pas un accord derrière notre dos !
– Le président. Ce n’était pas un accord : c’était une interprétation du règlement !
– Maxime Gremetz. Afin que les choses soient claires, monsieur le président, je vous indique que les députés communistes se feront inscrire sur tous les articles. Vous déciderez de leur donner ou non la parole, et nous en tirerons les conséquences. »

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