Débat sur les retraites 2003_AMBIANCES au jour le jour

j10 ( 20 juin )
du député « Cui-Cui » à la « Ballade de Narayama »

 « l’ivresse de je ne sais quelles victoires »

Tout « compte » fait – toute chose ayant été « contée » car le Compte Rendu intégral des débats, c’est quelque part une (des) histoire(s) qui (est) sont contée(s) et mise(s) à la disposition des générations à venir – , l’ambiance en cette fin de deuxième semaine n’est pas si mauvaise que çà ! …
« – Gaëtan Gorce.
Il faut effectivement que, sur le plan social aussi, le débat soit pluraliste. Le MEDEF a eu tendance à diaboliser le COR. Mes chers collègues : y aurait-il « le diable au COR » ?(Sourires.)
Je pense que la réponse est non. (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste.)
– Le président [J.L.Debré]. Il faut bien que le COR exulte !(Sourires.) »

… bien sûr … on a eu, en séance, quelques échos pas très consensuels du congrès de l’UMP … mais on préfère en rire ! …

« – Pascal Terrasse. J’ai lu avec attention ce qui s’est dit cet après-midi au congrès de l’UMP : vous auriez gagné,…
– Christophe Caresche.
La revanche !
– Pascal Terrasse.vous nous auriez abattus, tel le matador égorgeant le taureau (Exclamations sur les bancs du groupe de l’UMP.)°
Le ministre [F.Fillon].Ah non, le taureau, on ne l’égorge pas !
– Le rapporteur [B. Accoyer]. C’est un mauvais  » aficionado  » : le matador n’égorge jamais le taureau !
– Pascal Terrasse.revenant sur toute l’histoire de la gauche.
– Pierre-Louis Fagniez.
On aura les oreilles !
– Pascal Terrasse. Vous aurez peut-être une oreille, peut-être deux oreilles, et peut-être même la queue ! (Exclamations sur les mêmes bancs.)
– Le président. Monsieur Terrasse, évitez ces comparaisons : vous choquez M. Valls ! (Rires.)

… bien sûr …  il semble bien qu’il y ait eu quelques accrocs à l’« accord » passé la veille] sur le fonctionnement des débats …
( sans compter la non-application d’un autre accord visant à terminer plus tôt ce vendredi 20 juin !)

« – Julien Dray. J’avais moi aussi entendu que, pour nous permettre de vaquer à nos occupations de parlementaires dans nos circonscriptions, nous arrêterions nos travaux aujourd’hui à vingt heures.
Mais il semble que certains, emportés par leur fougue, veulent, à la suite des réunions qui ont eu lieu cet après-midi, forcer le débat et imposer à l’opposition de courber la tête

(« Non ! » sur plusieurs bancs de l’UMP.), et peut-être même l’humilier. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe de l’UMP.)[…]
A partir du moment où une autre logique est suivie, et où certains sont saisis par l’ivresse de je ne sais quelles victoires qu’ils croient avoir remportées,…
– Jean-Yves Besselat.C’est complètement faux ! Il n’y a pas de victoire !
– Julien Dray.à partir du moment où ils ont le sentiment qu’ils sont sur le point de l’emporter, la nature de la discussion change et la courtoisie que nous avons manifestée tout au long de ces débats n’est plus de mise.
– Jean-Yves Besselat. C’est la France qui doit gagner ! » ( C’est beau comme l’antique !)

 le député « Cui-Cui »

… bien sûr un député – le même Monsieur BESSELAT …
( peut-être ce dernier était-il mécontent d’avoir été mis d’astreinte dans l’hémicycle, alors que la majorité de ses collègues s’égayait dans cette assemblée , oh combien plus attrayante ! du congrès de l’UMP !)
…  s’est-il permis, nous indique le Compte Rendu, d’ « imiter la voix de Mme FRAYSSE » (  en fait, nous disent les députés de l’opposition, de faire « Cui-cui »)

« -Jacqueline Fraysse [PC]. Nous assistons, pour la première fois de notre histoire, à une tentative de faire tourner la roue du progrès à l’envers […]
Jamais les hommes et les femmes de ce pays n’accepteront que les progrès scientifiques les amènent à travailler jusqu’à soixante-quinze ans et jettent les jeunes au chômage !
(Exclamations sur les bancs du groupe de l’UMP.)
Mais enfin, c’est le b-a ba, c’est le bon sens ! Ayez au moins du bon sens, si vous n’avez pas de cœur, si vous n’avez rien d’humain !(Exclamations sur les mêmes bancs.)
(M. Besselat imite la voix de Mme Fraysse. – Vives exclamations sur les bancs du groupe des député-e-s communistes et républicains et du groupe socialiste.) »

[Pour connaître la suite de ce glorieux ( ?) épisode (Je rassure le lecteur : il semble que notre héros ait été prié par ses collègues d’aller « faire cui-cui » ailleurs … au congrès de l’UMP ?)

  la « Ballade de Narayama »

Tout compte fait – toute chose ayant été « contée » – après deux semaines de débat âpre et déroutant, ils sont encore capables de faire de l’humour, nos députés … surtout quand Jean-Pierre BRARD se met de la partie

« -Jean-Pierre Brard.
Vous vous rappelez peut-être, mes chers collègues, ce beau film japonais, la « Ballade de Narayama  » de Kurosawa, qui se termine par le choix de la tradition. Vous nous y poussez d’une certaine manière, et avec moins de talent que Kurosawa.
– Jean-Pierre Blazy. Certainement.
– Jean-Pierre Brard.
En effet, que se passe-t-il à la fin de ce film ? Une vieille femme, pour ne plus être à la charge de sa famille, finit par convaincre son fils de l’emmener, là haut, dans la montagne, afin d’y mourir. En obligeant au travail forcé rallongé, vous êtes dans une logique qui est certes moins artistique que celle de Kurosawa, mais qui s’y apparente.
[…]
– Le ministre. Je souhaite simplement rectifier une erreur de M. Brard : l’auteur de ce film n’est pas Kurosawa mais Imamura. (Sourires et applaudissements sur les bancs de l’UMP.)
Le président.
Monsieur Brard, on ne va pas lancer un débat sur le cinéma. Connaissant bien ce film, je pense que M. le ministre a raison.
– Jean-Pierre Brard.Je tiens à exprimer…
– Le président.Vos regrets ?
– Jean-Pierre Brard.non, ma gratitude car non seulement M. Fillon est l’élu d’une région où l’on trouve d’excellents produits du terroir (Sourires) mais, grâce à ses références culturelles, il enrichit également le débat. Je vous en suis d’autant plus reconnaissant, monsieur le ministre, que vos soutiens dans cet hémicycle sont peu nombreux à participer à cet échange culturel ! (Sourires.)

( Et,vlan ! passe-moi l’éponge ! … Avec Jean-Pierre BRARD, qui s’y frotte, s’y pique !)

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