Débat sur les retraites 2003_AMBIANCES au jour le jour

j12 ( 24 juin )
« Ne réveillons pas l’UMP qui dort ! » ( Gremetz )

Ce n’est pas parce qu’il y a des points d’accords partiels – mais non aboutis – qu’il faut se figurer un hémicycle travaillant avec sérénité.
Loin de là !
Et, comme cela s’est produit à deux reprises (
j01_10-juin-2003 [attaque de J.P.RAFFARIN contre les socialistes qui « semblent préférer leur parti à leur patrie » ; j04_13-juin-2003 [ P. Devedjian a qualifié la « bataille» livrée à l’Assemblée nationale par la gauche de « stérile »], c’est une dépêche de l’AFP qui va servir de détonateur.

« – Le président [J.L. Debré ]. La parole est à M. Alain Bocquet, pour un rappel au règlement.
Alain Bocquet. Je viens d’entendre le président du groupe de l’UMP, M. Barrot, déclarer sur une chaîne de télévision, à l’issue des questions au Gouvernement, que l’opposition occultait le débat par des digressions, bavardages et retardements divers,…
Jean Marsaudon
. Exact !
Alain Bocquet.ce qui pouvait conduire à bloquer l’institution parlementaire. »

Dans un premier temps, va se créer une sorte d’alliance entre les députés communistes et Jean-Louis DEBRE:

« – Alain Bocquet. Comme vous l’avez si bien précisé ce matin lors de la conférence des présidents, monsieur le président, notre attitude n’est pas excessive.
Dominique Dord.
Oh non, cela se saurait ! […]
Alain Bocquet.
Monsieur le président, on constate, sous votre présidence, une sérénité et une efficacité dans le travail, qui sont appréciables. Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. […]
Le président.
Monsieur Bocquet, n’en faites pas trop ! Vous me mettez mal avec mes propres collègues ! (Rires.)
Alain Bocquet.
Ce n’était pas mon intention !
Le président.
Avec vous, je me méfie toujours, mais je vous remercie de vos compliments.
Alain Bocquet. Puis-je souhaiter que vous présidiez toutes les séances sur le dossier des retraites ? »

Deuxième temps : Jean-Louis DEBRE n’ayant pas donné suite à cette demande, c’est Marc-Philippe DAUBRESSE [UMP] qui préside la séance.
Cela ne se passe d’ailleurs pas trop mal … jusqu’à ce que …

« – Le président.Quel est l’avis du Gouvernement ?
Le ministre. Avis défavorable.
Le président.
Je mets aux voix…
Maxime Gremetz. Non, monsieur le président, je veux répondre au Gouvernement.
Le président.
Vous avez demandé la parole trop tard, monsieur Gremetz.
Maxime Gremetz.
Ne vous amusez pas à cela, monsieur le président ! […]
Le président.
J’ai lancé le vote.
Maxime Gremetz. Faites comme vous voulez, mais je vous préviens que cela aura un coût ! » […] Si ça continue, nous demanderons des scrutins publics. Ils seront contents comme cela, nous ne parlerons pas. […]
Claude Goasguen.
Terroriste !
Maxime Gremetz.Qu’est-ce qu’il a dit ?
Plusieurs député-e-s du groupe communiste et républicain. « Terroriste »» ! »

Claude GOASGUEN a beau tenter de minimiser son propos, il en faut moins que cela pour enflammer le débat. « Il ne faut pas rire avec cela. » lancera, menaçant, Maxime GREMETZ, lequel adore ces situations paroxystiques.

Troisième temps : il reviendra encore à Jean-Louis DEBRRE de calmer les ardeurs des uns et des autres.

« – Le président. Ces amendements sont-ils défendus, monsieur Gremetz ?
Maxime Gremetz.Rien n’est défendu, tout doit se défendre ! Pied à pied !
Bernard Accoyer,rapporteur. Encore faut-il que ce soit défendable !
Maxime Gremetz.Parce que ces amendements ne seraient pas défendables ?
Le président.Monsieur Gremetz, ne vous laissez pas interrompre ! Je suis le seul à pouvoir le faire.
Maxime Gremetz.Vous avez raison, monsieur le président. J’ai déjà dit que ça se passait bien quand vous présidiez.
Philippe Auberger.Flagorneur !
Pierre Lellouche.C’est de la lèche !
Maxime Gremetz.Vous, vous ne m’auriez pas laissé traiter de terroriste.
Denis Jacquat.De terroriste intellectuel !
Le président. Il n’y a pas de terroriste dans cet hémicycle ; poursuivez, monsieur Gremetz. »

« Ne réveillons pas l’UMP qui dort ! »

Mais rien n’y fait ! Personne – pas même Jean-Louis DEBRE – ne peut empêcher Maxime GREMETZ d’envoyer des piques à ses collègues de l’UMP.

« – Maxime Gremetz.Vous trépignez sur vos sièges. Argumentez donc ! Ayons un débat !
Alain Néri.Ils sont muets !
Maxime Gremetz. Vous ne parlez pas parce que vous avez un sparadrap collé sur la bouche. Mais vous savez que nous avons raison. Vous nous approuvez mais vous ne pouvez pas le dire. (Protestations sur les bancs de l’UMP.) »

Il faut dire que ce doit être dur, pour eux, d’en être réduits à jouer les « figurants » (« J’ai compté tout à l’heure : l’hémicycle compte pas moins de soixante-douze figurants. ») dans une pièce que l’on pourrait intituler « La majorité silencieuse ».
Une des difficultés du rôle tient d’ailleurs au fait qu’il est facile de passer du silence au sommeil (ceux qui ont pratiqué l’hypnose le savent bien !).
Pour preuve :

« – Pascal Terrasse.Monsieur le président, certains de nos collègues font dodo.
Nadine Morano. Où çà ?
Pascal Terrasse
. Ils sont trois ou quatre.
François Hollande. Ne réveillons pas l’UMP qui dort !
Le président. Monsieur Terrasse, poursuivez, je vous prie, et, surtout, ne les réveillez pas ! (Sourires.)
[…]
Alain Néri.
Ron-ron !
Le président.Monsieur Néri, nous sommes à la Chambre.
Alain Néri. Monsieur le président, je ne vous le fais pas dire : un de nos collègues nous en donne la preuve ! (Rires.)
Le président.
La parole est à M. Maxime Gremetz.
Maxime Gremetz. Nous sommes à la Chambre, monsieur le président, donc il faut se réveiller. »

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