Débat sur les retraites 2003_AMBIANCES au jour le jour

j15 ( 27 juin )
un incident révélateur

 Nous avons assisté lors de la dernière chronique  à un « festival » d’humour animé par Jean-Pierre BRARD, avec l’aimable complicité (pour reprendre la formule consacrée) du président de séance, Jean-Louis DEBRE et du ministre, Jean-Pierre DELEVOYE (« Nous allons former une académie ! »)

A la suite de quoi, Jean-Michel DUBERNARD,président de la commission ne peut s’empêcher de s’exclamer : « C’est tout de même plus élégant que du Gremetz. »

Maxime GREMETZ,  c’est sans aucun doute l’un des députés qui s’est le plus investi dans le débat sur les retraites.
(Il s’est vanté plusieurs fois d’avoir passé ses jours et ses nuits dans l’enceinte de l’Assemblée – il y dormait dans un sac de couchage, paraît-il – contraignant ses collaborateurs à une présence quasi continue, ce qui lui vaudra un recours en prud’hommes de la part des dits collaborateurs.)

GREMETZ l’artificier, le provocateur, la terreur (un jour, un député de droite l’a traité de « terroriste » … je ne vous dis pas le carnage qui a suivi !)

Ce jour, c’est le président de séance lui-même qui va faire les frais de la verve intarissable de « Maxime » .
Or, il se trouve que le président de séance n’est autre que Jean LE GARREC – un vétéran de l’Assemblée, membre éminent du PS, ancien ministre …

A plusieurs reprises, Jean LE GARREC [PS], qui préside la séance, tente de ramener M.GREMETZ sur ce qui fait l’objet du débat :

«  M. le président. Monsieur Gremetz, voulez-vous continuer, je vous prie ? »

« M. le président. Monsieur Gremetz, venez-en au fond ! »

Maxime GREMETZ ne l’entend pas de cette oreille :

« M. Maxime Gremetz. Je dis ce qui me plaît, monsieur le président. Vous n’allez quand même pas me dire ce que je dois dire ! J’ai le droit d’utiliser mes cinq minutes comme je l’entends, je peux dire ce qui me plaît, même la pire des bêtises...
M. Jean-Claude Lenoir.
De toute façon, vous ne vous en privez pas !
M. Maxime Gremetz.
… ce que je ne fais pas.
Vous n’avez rien à dire, et surtout pas à juger. (Protestations sur les bancs de l’UMP.)

Plus tard dans le débat :

«  M. le président. Vous avez la parole pour défendre ces amendements, non pour faire des remarques sur ma présidence ! (Applaudissements sur les bancs de l’UMP.)
M. Maxime Gremetz. J’en ai pourtant le droit !

[…]
 M. Maxime Gremetz Monsieur le président, un député de la majorité me tourne le dos ! Vous ne faites rien respecter ! […]
Vous permettez tout à droite et rien à gauche ! (Exclamations sur les bancs de l’UMP.) Si c’était moi qui l’avais fait, vous auriez été le premier à m’envoyer un huissier. »

Jean Le GARREC ne sait plus à quel saint se vouer.

« M. le président.  Monsieur Gremetz., vous êtes terrible !
M. Maxime Gremetz. C’est scandaleux ! Vous êtes pire que les autres ! »

Cet accrochage avec Jean LE GARREC est à mettre en relation avec les différents, les divergences, les flottements (je ne sais lequel de ces termes correspond le mieux à la réalité ) que nous avons observés au sein de la gauche.
Sa violence laisse entendre, d’une part, que ce n’est pas le premier affrontement entre les deux hommes – qui sont tous les deux des assidus de la bataille parlementaire – et, d’autre part, qu’il y a un passif sérieux entre les socialistes et les communistes.

Le passif ne porte pas seulement sur le passé …
( nous avons déjà parlé de la non-abrogation de la réforme de 1993 ; on pourrait aussi évoquer cet autre affrontement – correct sur la forme, mais très violent sur le fond  – entre Jacqueline FRAYSSE et Pascal TERRASSE à propos du statut de l’élu – thème que les socialistes avaient refusé d’inscrire au débat, malgré une proposition de loi socialiste)

… mais aussi sur la stratégie adoptée dans le débat.

Au départ, les socialistes avaient décidé de mettre le paquet sur quelques thèmes  ; sur ces thèmes, ils étaient une quinzaine à intervenir pour chaque amendement, ce qui laissait peu d’espace pour les communistes.
Par la suite, il a été fait état d’un accord entre le PS et l’UMP  visant à restreindre l’ampleur des interventions ; les communistes n’ont pas du tout accepté cet accord. Mais, à partir de là, ce sont eux qui ont assuré le tempo et, à mon avis, permis que les débats aillent vraiment au fond. Même avec – grâce à (?) – la violence symbolique des propos de Maxime GREMETZ

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