Débat sur les retraites 2003_AMBIANCES au jour le jour

j17 ( 1er juillet )
nouveau dérage ( ?) du Premier ministre

 

 La journée – qui avait pourtant bien commencé  va se terminer sur un incident.

J.P.Raffarin, qui avait tenu à marquer le début du débat sur les retraites par une attaque contre le PS (souvenez-vous, il avait accusé les socialistes de préférer leur « parti » à la « patrie » )  récidive … comme s’il voulait indiquer aux socialistes que, non seulement, ils ont perdu sur les retraites, mais que leur sort est sans appel … à moins que, plus prosaïquement, il ne soit, sinon inquiet, du moins énervé par la motion de censure qu’ils ont déposée et qu’ils s’apprêtent à défendre le lendemain.

 « – Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste. Je demande la parole pour un rappel au règlement.
Le président. La parole est à monsieur Ayrault., pour un rappel au règlement.

– Jean-Marc Ayrault.  C’est avec gravité que je souhaite faire ce rappel au règlement. Il y a quelques heures, à Strasbourg, M. Raffarin nous a, de nouveau, gravement insultés. (« Oh ! » sur les bancs de l’UMP.)
Bernard Accoyer, rapporteur. Mais non !
– Jean-Marc Ayrault  Ses propos ont été rapportés par une dépêche de l’Agence France Presse : « La France n’est encore, dans son chemin du paradis, qu’au purgatoire puisqu’il reste des socialistes. « 
Un député UMP. Très bien !
– Jean-Marc Ayrault. Même Le Pen n’avait jamais osé aller aussi loin ! (Applaudissements sur les bancs du PS.)
A ce niveau de répétition, on ne peut plus parler de maladresse ou de dérapage. M. Raffarin, qui ne mérite plus le titre de Premier ministre de la République (Protestations sur les bancs de l’UMP.) – oui, mes chers collègues – a perdu toute raison. Il a jeté l’honneur des socialistes aux chiens (« Oh ! » sur les bancs de l’UMP.) il a injurié l’esprit de la démocratie, (« Oh ! »  sur les mêmes bancs.), il a bafoué toutes les valeurs de tolérance qui font le socle de notre République. Il est indigne, absolument indigne, de la fonction qu’il occupe...
Un autre député UMP.
 Quel cinéma !
– Jean-Marc Ayrault.et dont la légitimité se puise autant dans la capacité d’agir que dans celle de rassembler par-delà les clivages démocratiques de notre nation.
Le même député.  Quel cinéma ! »

Visiblement, les députés UMP ne semblent pas très émus par cet « incident ».

Il n’en va pas de même pour J.L. Debré.
« 
Je me dois, en tant que président de l’Assemblée nationale, de témoigner de sa sincérité, qui est celle d’un vrai républicain.
Dans ce contexte, je crois aussi de mon devoir de président de l’Assemblée nationale, au service de l’institution parlementaire, d’affirmer ici solennellement, devant vous tous, l’estime et la considération que je porte au président A. et à l’ensemble des membres de son groupe.
C’est la raison pour laquelle, mes chers collègues, je souhaite que nos débats continuent dans la plus parfaite sérénité et dans le respect.
 »
(Applaudissements sur tous les bancs.)

Cette mise au point ne suffira pas à faire revenir les députés socialistes sur leur décision de quitter l’hémicycle.

Ils seront suivis peu après par les députés communistes.

Le président décide de lever la séance :
« Mes chers collègues, devant le départ de nos collègues socialistes et la décision de nos collègues communistes, je prends mes responsabilités et vais lever la séance, et nous reprendrons demain matin. »

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