Débat sur les retraites 2003_AMBIANCES au jour le jour

J18 ( 2 juillet )
çà sent la fin !

 « Requiem » … « marathon » … « course de côte » … « turbo » … il pleut des métaphores sur une Assemblée quelque peu fatiguée … et pressée d’en finir !

« Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, nous abordons le dernier article de ce projet de loi. A plusieurs reprises, nous avons emprunté au langage cycliste un certain nombre d’expressions. Je dirai donc que, depuis l’article 78, nous sommes proches de la fin de la course, mais avec une arrivée en côte. Nous pouvons dire à présent, à l’horizon de l’article 81 : « Enfin, nous voyons la ligne d’arrivée. » [ Denis Jacquat ]

« Monsieur le ministre, l’article 81, le dernier de ce long marathon, sonne comme un requiem pour nos retraites.
(Protestations sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.)
 Il ne vous plaît pas de l’entendre, et votre réaction est une forme d’aveu ! » [
Jean-Pierre Brard ] 

« Monsieur le Premier ministre, depuis un an la droite que vous dirigez tient seule les rênes du pouvoir.
Et on peut dire que vous avez mis le turbo pour accélérer la déstructuration en profondeur de la société française, afin de la mettre au service des exigences du capital financier
. (Protestations sur les bancs du groupe de l’Union pour un mouvement populaire.) [Alain Bocquet ]

Dans ce contexte, l’appel à consensus de François Bayrou – « Les accusations perpétuelles d’un camp contre l’autre, nous devrions essayer de les modérer. » – a peu de chances d’être entendu.

S’il en fallait une preuve supplémentaire
( après le « dérapage » de Jean-Pierre Raffarin à propos des socialistes qui préfèreraient leur « parti » à la « patrie » / voir chronique précédente ),
il suffirait de se référer au Compte rendu du jour ( débat sur la motion de censure ) :
lorsque le président du groupe des député-e-s communistes et républicains prend la parole, le Compte rendu indique :
« (De nombreux députés du groupe de l’Union pour un mouvement populaire se lèvent et quittent l’hémicycle. – Protestations sur les bancs du groupe des député-e-s communistes et républicains et du groupe socialiste.) »

… « Les accusations perpétuelles d’un camp contre l’autre, nous devrions essayer de les modérer. »  …
«  On en est loin ! » s’exclame un député socialiste

… «  On en est loin ! » … et pourtant …

… il est au moins une bonne nouvelle en ces jours difficiles : Maxime Gremetz vient d’être grand-père ! …

« — Le président. La parole est à monsieur B.
— Patrick B. En lieu et place de monsieur G., même s’il est irremplaçable et inimitable.
— Le président. Il est remplaçable mais inimitable !
— Patrick B. Remplaçable : la preuve ! Mais j’aurais du mal à l’imiter, et ce n’est pas forcément mon but.
Alain B.
  Maxime G. est grand-père depuis ce soir !
Le président. Vous lui transmettrez toutes les félicitations de l’Assemblée, qui n’est réunie ce soir que pour cela ! » (Sourires.)
[…]
Le président. Je suis saisi de [ toute une série d’] amendements identiques

La parole est à M. Maxime G.

– Maxime G. Les amendements sont défendus, monsieur le président !
– Le président.C’est fantastique ! Si vous pouviez être grand-père tous les soirs, monsieur G. !
(Rires et applaudissements.)