rires et sourires

« l’esprit d’Ottawa »
ou
« Comment invoquer les dieux d’Ottawa ? »

[Nous sommes dans un débat sur la santé publique.
À plusieurs reprises, le ministre et les députés ont fait référence à une conférence de l’OMS qui s’est tenue en 1986 à Ottawa.]

M. le président. M. Jean-Marie Le Guen et les membres du groupe socialiste ont présenté un amendement, n° 320, ainsi rédigé :
    « Compléter le premier alinéa du texte proposé pour l’article L. 1411-1 du code de la santé publique par les trois phrases suivantes :
« Cette politique s’inspire de la charte de promotion de la santé dite « charte d’Ottawa ». Elle vise à concourir à l’amélioration de la santé aux plans national et international. Elle s’inscrit dans la mise en place d’une coordination des politiques de santé européennes. »
    La parole est à M. Jean-Marie Le Guen.
    M. Jean-Marie Le Guen. Je rappellerai, une fois de plus, que nous avons vocation à mener notre action de santé dans un cadre international et à respecter tous les mouvements internationaux de mobilisation autour de la santé. C’est pourquoi il me semble important de rappeler le travail de la charte d’Ottawa ainsi que d’évoquer la dimension européenne. Il me paraît utile de rappeler que notre action de santé publique s’inscrit dans un cadre plus large que le cadre de l’Hexagone.
    M. le président.
Quel est l’avis de la commission ?
    M. Jean-Michel Dubernard,président de la commission, rapporteur. La commission a rejeté cet amendement.
    L’esprit d’Ottawa, monsieur Le Guen, inspire l’ensemble du texte ! (Sourires.)
[…]
    M. le président. Quel est l’avis du Gouvernement : l’esprit d’Ottawa inspire-t-il toute la loi ?
    M. le ministre de la santé, de la famille et des personnes handicapées. Je le confirme ! (Sourires.)
    Même avis défavorable sur l’amendement.
[…]
    M. le président.    La parole est à M. Jean-Marie Le Guen, pour parler de l’esprit d’Ottawa.
    M. Jean-Marie Le Guen. Exactement ! On aurait pu penser qu’un texte comme celui-là s’inscrirait dans une démarche scientifique. Or, depuis ce matin, nous ne sommes que dans les invocations : « Santé publique, santé publique ! », « Etat, Etat ! » Et maintenant : « Esprit, esprit ! » (Sourires.)
    Notre rapporteur nous met sur la voie : que faut-il faire pour invoquer plus précisément les esprits dans le texte ? Comment faut-il faire tourner la table ? Comment invoquer les dieux d’Ottawa ? Ottawa, c’est sans aucun doute un nom d’origine indienne, donc on doit pouvoir trouver une danse ou une évocation quelconque…
    M. Jean-Michel Dubernard,président de commission, rapporteur. Un totem ! (Sourires.)
    M. Jean-Marie Le Guen.ou un totem qui ferait revenir l’esprit d’Ottawa à l’intérieur du texte. (Sourires.)
    Cela dit, à un moment, conformément à nos traditions, les esprits doivent s’incarner. Aidons celui-ci à s’incarner à l’intérieur de ce texte de loi !
(L’amendement ne sera pas  adopté.)