Ce qu’il y a « derrière » le vote

 chant 6 :
« Il y a … grandeur et servitude du citoyen … les électeurs qui  « décident » » …

( mais parfois le citoyen se montre réalcitrant et refuse de faire ce qu’on attend de lui,  renvoyant dos à dos ceux qui prétendent le représenter)

«  – Un député de gauche. Non seulement vous avez stoppé le processus de mise en place de la réduction du temps de travail dans les PME…
– un premier député de droite. Heureusement !
– Le député de gauche. Il y a des choses dont on reparlera. Il y a des choses auxquelles je crois  beaucoup, ce sont les conditions de travail des gens et le temps libéré, et l’histoire, l’histoire à venir, pas celle de demain, pas celle de l’année prochaine, tranchera. Vous avez pris vos responsabilités, nous avions pris les nôtres.
– le premier député de droite. C’est le peuple qui a pris les siennes !
– le député de gauche. Respect des uns envers les autres. Nous avions fait une loi, vous avez décidé autrement, c’est votre droit, mais pouvons-nous nous donner rendez-vous pour en reparler ?
– un deuxième député de droite. Ce sont les électeurs qui décident !
– le député de gauche. Alors là, restez modestes !
– un troisième député de droite. Et vice versa !
– le député de gauche. Les électeurs, on les connaît bien les uns et les autres. Il y a d’autres fois où ils vous ont remerciés aussi. Alors, ne soyez pas si sûrs de vous. Vous savez, les gens regardent d’abord le travail que vous faites. Il regardent d’abord votre honnêteté.
– plusieurs députés de droite. Eh oui !
– un quatrième député de droite. C’est ce qu’ils ont fait. Bonne explication !
– le troisième député de droite. Vous avez raison !
– le député de gauche. Mais c’est la vérité !
– le président. Poursuivez, monsieur V. !
– le député de gauche (Monsieur V. »). Cela fait partie du débat, monsieur le président, mais je vais effectivement poursuivre et j’invite mes collègues qui se sentent aujourd’hui en position de force (Sourires.)…
plusieurs députés de droite. Mais non !
– le premier député de droite. Nous sommes modestes !
– le quatrième député de droite. Vous n’avez pas cité Jospin !
– le député de gauche. … dans cet hémicycle à faire preuve de modestie ! Vous savez, l’histoire va vite !

«  Les électeurs, on les connaît bien les uns et les autres. »

… grandeur et servitude du citoyen-électeur …

… «  L’exercice effectif du droit de vote est au cœur de la légitimité de nos institutions » …   en d’autres termes,  il n’y a pas de « démocratie » sans « électeurs » ! …

…  Aussi,  le citoyen-électeur – le « TIERS »,   l’«Absent», celui qui n’existe que parce qu’il est « rendu présent » par le truchement de son « re-présentant » …

… ce  TIERS  quelque peu  infantilisé  à qui il faut bien « expliquer » les choses …
« Il faut bien expliquer que [ les ] règles ne sont pas faites pour ennuyer les gens, mais pour les aider à vivre collectivement. »

… ce  TIERS  qu’il faut  « convaincre »  ou à défaut   « contraindre » …

« Comment se fait-il qu’en France, nous ayons tant de mal à réduire la dépense publique ? Pour moi, la réponse tient en deux mots : « tous drogués !  »  Nous sommes tous drogués de dépenses publiques, et ce à tous les niveaux. Quand on est drogué, comment se désintoxiquer. Eh bien, en tant que président d’un hôpital psychiatrique, je sais ce qu’il faut faire. Il faut contraindre et convaincre. »)

… ce  TIERS  à qui l’on ne saurait trop reprocher son « penchant gaulois »

«  Le penchant gaulois de notre peuple tend à vouloir souvent l’application de la loi pour les autres plutôt que pour soi-même. J’en veux pour preuve le paiement de l’impôt et le respect du code de la route. »

… ou  son « consumérisme grognon »  …

[ à propos du vote blanc ] Là, on sacralise le non-choix et, loin de guider l’électeur vers la citoyenneté, on veut promouvoir, en le caressant dans le sens du poil – je n’irai pas jusqu’à parler de démagogie -, un consumérisme grognon où chacun exprimera plutôt des insatisfactions que des volontés, ne votant pas pour quelque chose ou pour quelqu’un mais pour envoyer des avertissements ou des cartons jaunes tous azimuts ! »  …

… ce  TIERS  en quelque sorte  « marchandisé », réduit au rôle de « clientèle » électorale … objet d’attentions – d’obsessions ? –  permanentes ( « Nous aimons beaucoup les électeurs …  et c’est réciproque ! » ) …

… ce  TIERS – quand vient l’heure du vote – il « tient sa revanche » ! On peut bien se passer de son avis pendant un certain temps, mais c’est lui qui, « en fin de » compte ( « en fin » de législature ) aura le « dernier » mot … pour cette fois-ci ! … car il y aura d’autres suffrages, d’autres « vagues » ( des « bleues » ? des  « rouges » ? ) , d’autres « printemps électoraux » ( «  Les chasseurs et les pêcheurs, il est bon de le rappeler, avec leur bon sens, nous rappellent à nos promesses du printemps dernier ; ») …

… et le  TIERS …  à nouveau (  au commencement est, était, sera le vote … du moins tant que la démocratie sera – pour reprendre la belle expression de Gérard Noiriel – « notre unique horizon d’attente » )  fera entendre sa « voix ».

Mais ce sera – pour une nouvelle fois la remettre  à un « porte-parole » !

« La citoyenneté, c’est le choix ; l’honneur de la citoyenneté, c’est de choisir, même quand c’est difficile. Même quand il n’a le choix qu’entre deux solutions qui ne le satisfont pas, le citoyen doit choisir au moins celle qui lui paraît la moins mauvaise. » …

grandeur et servitude du « TIERS »

… « Ainsi va la démocratie »  …

mais il arrive parfois que le  TIERS se rebelle

… qu’il « zappe » …
« Il y a là des pistes de réflexion, d’investigation et de progrès qui doivent permettre, sans doute, de lutter contre le zapping électoral. »,

… qu’il « boude » …
« Le suffrage est au cœur de la citoyenneté et les électeurs restent très attachés au vote et à sa valeur symbolique. Encore faudrait-il leur donner des raisons d’espérer afin qu’ils prennent le chemin des urnes et ne boudent pas la politique. » …

… qu’il se réfugie dans le « non choix » …
« étant donné le nombre grandissant d’abstentionnistes, de gens qui renient quasiment le monde politique par leur vote ou par leur non-choix […] » …

…  refusant de faire ce qu’on attend de lui et renvoyant  dos à dos ceux qui prétendent le représenter »…

«  Notre pays connaît indéniablement un accroissement très préoccupant de l’abstention, auquel s’ajoute une progression des suffrages blancs et nuls. Comment interpréter ce phénomène autrement que comme la manifestation d’une grave crise, d’un malaise, et comme l’expression de la déception, de la distanciation, voire de la résignation de nos concitoyens et de leur rejet de la politique et du monde politique ? Comment ne pas s’inquiéter de cet affaiblissement de la démocratie, puisque? »

… ainsi  le TIERS- récalcitrant …

… ainsi un certain « 21 avril » 2002…