Cumul des mandats et intérêt général (contr’exemples)

Exemple 1.
débat sur l’immigration

[ Il est question des attestations d’accueil  permettant le regroupement familial des immigrés.]

– Député 1. Je suis maire et je ne suis pas une machine à signer. Et si je dois attester de quelque chose, je dois avoir la capacité d’émettre un avis et de vérifier que j’émets cet avis dans des conditions satisfaisantes. Sinon, que l’on délègue n’importe quel fonctionnaire de l’Etat ou de la collectivité territoriale, mais qu’en aucun cas l’on ne me demande de faire ce travail. Car alors on n’a qu’à me remplacer par une photocopieuse !
[…]
– Député 2. Je suis maire, les attestations d’accueil, je les vois passer, mais sans comprendre, effectivement, mon rôle et celui des employés de mairie. Il n’y a aucun contrôle. Dans ce cas, supprimons purement et simplement ce principe.
[…]
– Député 3. Le jour où, malgré la persécution dont j’ai fait l’objet de la part de la CIMADE, j’ai décidé de ne plus signer moi-même des documents dont je ne pouvais nullement vérifier l’authenticité, j’ai tout de même, en tant que maire républicain soucieux du droit, continué à faire établir le document par mes services. Toutefois, j’ai demandé que les intéressés aillent les signer à la gendarmerie. Dès lors que les gens y ont été contraints, le nombre de documents a chuté de 50 %.
[…]
– Député 1. Je suis particulièrement agacé qu’on donne l’impression que, dans ce pays, la plupart des maires seraient soit des irresponsables, soit des fachos, soit des gens qui s’amusent avec la chose publique et qui font n’importe quoi ! Jusqu’à preuve du contraire, la démocratie française repose justement sur les 36 500 maires, c’est-à-dire sur des gens que leurs citoyens jugent tous les jours sur leurs actes et qui sont contraints à la raison, jour après jour.
[…]
– Député 4. Le débat devrait s’engager entre des parlementaires qui, en tant que maires, sont confrontés quotidiennement à ces problèmes.
Je suis, quant à moi, horrifié d’entendre Monsieur C. et Monsieur B. parler de ce qu’ils ne connaissent absolument pas ! Ces élus de Paris nous envoient, dans la petite et la grande couronne, un certain nombre d’immigrés qui se trouvent effectivement dans une situation difficile et il nous revient en tant que maires de gérer ce genre de situation.
[…]
– Député 5 (« Monsieur B. »).  Ce n’est pas parce qu’on est élu de Paris qu’on ne connaît pas toutes ces difficultés. […]
– Le président. Nous n’allons pas engager un débat municipal parisien !»

« Le débat devrait s’engager entre des parlementaires qui, en tant que maires … »

Et, de fait, on a parfois l’impression que l’Assemblée de la nation est, dans son essence même, une « Assemblée de maires !» (« Nous avons connu hier la journée des maires ; nous risquons de connaître aujourd’hui la soirée des maires !»)

« Je vois ici Maurice G., maire de Cavaillon, ou Maryse J.M., maire d’Aix. Comme moi, qui suis maire de Valréas, ils sont volontaires pour signer des attestations. […] Je me sens responsable de ce qui se passe dans ma commune et j’ai envie, étant élu tous les six ans, d’avoir un pouvoir de contrôle. »

Malheur au député qui n’a pas de titres aussi prestigieux … « On voit bien que vous n’êtes pas maire ! » s’entendra-t-il dire !

Il est quand même UN député-maire pour dénoncer les dangers d’une telle attitude :

« Je suis, comme beaucoup de mes collègues, un affreux cumulard, puisque je suis à la fois maire et député
[ interruptions : « Personne ne vous y oblige ! »/ « Il ne faut pas hésiter à démissionner. »]
… mais je dirai que nous sommes en train de prouver, en donnant une place exorbitante aux maires, qu’ il serait temps que nous séparions la fonction de législateur de la fonction d’élu local.
[ nouvelles interruptions °« Montrez l’exemple ! »/ « Pourquoi êtes-vous encore là ? » ]
En effet, les lois que nous votons sont souvent influencées par nos fonctions d’élu local, alors que nous devrions, comme dans tous les pays de l’Union européenne, être détachés de cette fonction pour voter les lois de la nation et construire l’Etat de droit. » [N.Mamère ]