Cumul des mandats et intérêt général (contr’exemples)

exemple 5
archéologie préventive

Les états d’âme des députés-maires aménageurs confrontés à l’obligation de fouilles archéologiques préventives

 

Le député-maire de Chartres:
En tant que maire et président de l’agglomération, j’ai à m’occuper d’un territoire où le fait archéologique se vit au quotidien.
Pour la ville et ses habitants, c’est toujours un plaisir de faire des découvertes archéologiques. Elles sont nombreuses sur mon territoire parce que la municipalité que j’anime a engagé des travaux d’aménagement importants, parce que l’agglomération que nous développons suscite un attrait réel auprès des entreprises qui cherchent à s’y installer, mais aussi et surtout parce que cette ville a un nom mondialement célèbre et que cette célébrité a, d’abord, un fondement patrimonial. Donnez un coup de pioche à Chartres et vous êtes sûr de tomber au minimum sur un gisement de silex taillés.
C’est dire si je ressens la nécessité de faire évoluer la loi pour amener tous les partenaires de l’archéologie et du patrimoine à travailler ensemble.

 

– Un député.  Quand j’étais journaliste, j’ai fait beaucoup de reportages aussi bien en milieu rural, si cher à monsieur G., notre  collègue, – comme du côté de Pécharmant ou dans la campagne bergeracoise – qu’en milieu urbain et j’ai constaté quels saccages pouvaient être faits de vestiges et même plus que de vestiges, de témoignages de notre vie passée, de notre culture, de nos origines, par certaines collectivités locales soucieuses de construire des parkings ou je ne sais quel autre aménagement. […]
Tout cela pour vous dire qu’il y a des collectivités locales pour qui la protection du patrimoine n’est pas forcément une priorité et qui, au motif de réaliser des aménagements parce qu’il faut faire des routes pour désenclaver ou favoriser l’activité économique, saccagent purement et simplement les témoignages de notre culture passée. 
[…]
– Le député-maire de Périgueux [ Monsieur G.]. Nous  sommes confrontés à une contradiction.
D’un côté, nous sommes attachés à l’archéologie : elle nous intéresse, parfois même nous passionne. Trop souvent nous déplorons dans nos circonscriptions de ne pas disposer de suffisamment de moyens pour mener à bien l’exploration de certains sites – je pense à plusieurs vallées affluentes de la Dordogne. Nous sommes également attachés à l’archéologie préventive dont nous admettons, reconnaissons et partageons les principes et les modes d’action.
Mais, en même temps, nous sommes des élus, sur le terrain, dans des régions souvent à l’écart des grands axes – n’oublions pas que bien des zones à fort potentiel archéologique sont traditionnellement des zones refuges – et confrontés à de lourds problèmes de développement.   
[…] Nous devons créer les routes nécessaires à notre désenclavement, aménager les zones d’activités indispensables au développement de l’emploi.