« JE est un autre » ou le député et son identité

Puisqu’« ils » parlent « en [notre] nom »
nous sommes ,
en ce lieu et en ce temps où sont réunis les députés de la nation,
une multitude :
vous, moi,
ceux qui les ont élus,
ceux qui – soit qu’ils ont  voté pour d’autres, soit  qu’ils ne sont pas allés voter – ne les ont pas élus

une multitude
qui, bien qu’absente
est , par le truchement des députés,
« représentée »
présentée à nouveau
rendue présente
aujourd’hui, demain, toujours.

   Cette multitude,
elle a nom(s)
– je lui donne nom(s) –
elle est
le « Tiers »
l’« Absent »
le « Tiers- Absent »

    Parce qu’il les a rencontrés sur le «terrain» ,
parce qu’ils lui ont «donné» leur «voix»,
le député est celui qui parle
en lieu et place des «gens d’en bas»
(« Les gens d’en bas, ils ne sont pas Ici !»),
   en lieu et place de ceux «qui ne sont pas « Ici»

Le député est celui qui a le droit de parler à la troisième personne,
celui qui a le droit de dire :
« Les pauvres … commencent à s’en rendre compte.»
« Les anciens combattants … jugeront ! »
« Les familles vous remercient, monsieur le ministre. »

Autant d«’absents» que le député est censé  «re-présenter» !
autant d«’absents» que le député est censé  «  rendre présents »
en ce lieu, en ce temps
où sont réunis les députés de la nation
car, par notre vote,
nous avons accepté d’être physiquement « absents ».

Mais il arrive que certains d’entre nous soient plus « absents » que d’autres :

« Il y a deux grands absents dans ce texte de loi : la famille, mais également les personnes âgées. »
« Les entreprises individuelles et les entreprises artisanales sont les grandes absentes du texte ! »

«  – Député 1.  Où sont les habitants dans votre projet ? Ah, bien sûr, c’est de leurs problèmes que vous parlez !  […] Ce sont leurs difficultés que vous voulez résoudre, mais sans eux !
–  Député 2.  Nous les représentons ! »

Chant IX- Les figures du « représentant »