« Dessine-moi un député ! »

J’ai d’abord peint le député … comme un marin ballotté «au gré des vagues » provoquées par le suffrage universel, essayant de « trouver le cap juste »
J’ai ajouté quelques traits … du  mécanicien (d’ailleurs, à bord des gros navires, n’y a-t-il pas toujours un mécanicien ? ) en train de fouiller dans sa  boîte à outils pour réparer les « pannes de la démocratie ».
J’ai esquissé le portrait du député en architecte un peu perdu dans ses « grands chantiers », mais qui, aidé du maçon, veille à trouver les « ciments » qui vont «  tenir » la société.
A côté du maçon, on trouvera d’autres artisans qui, chacun avec leur art particulier, vont s’appliquer à produire de la   « belle ouvrage »  ( « Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage … »)
Bien sûr, dans mon dessin, il y aura un médecin :  c’est indispensable,. car on nous dit, à chaque instant,  que la société va mal … alors, il faut bien qu’il y ait des médecins dans le dessin !
Mais, étant obligé de me référer aux Diafoirus mis en scène par Molière ( «Dites : « Aubry ! 35 heures » et vous avez l’explication de la maladie. Vous savez pourquoi votre fille est malade !» ), je n’ai pas voulu forcer le trait, car il est aussi de bons médecins, conscients  qu’« il faut agir sur les racines du mal autant que sur ses symptômes ».
Idem pour les « PSY ». Car il faut bien faire appel au « médecin des âmes » – lequel est peut-être un peu, aussi, « mécanicien » – pour s’attaquer aux « freins psychologiques », aux « fantasmes », aux « paranoïas » qui empêchent la société d’atteindre le progrès et l’harmonie auxquels chacun de nous aspire.
Un peu plus surprenant, j’ai accordé, dans mon dessin, une assez grande place au chercheur en laboratoire  qui, reconnaissant que « personne n’a la science infuse », procède par  « essais » et « erreurs » pour placer le « curseur » – ce que j’appelle le « point DELTA »  –  au bon endroit : « un peu plus de » … « un peu moins de » … en politique, il faut savoir « garder la mesure » !
Et, s’il est un personnage qui sait « garder la mesure » et faire preuve de « bon sens », c’est bien le paysan ! Il occupe une place centrale dans le dessin car c’est lui qui, après avoir « tracé » le « sillon », y dépose des « amendements »  afin de « faire produire à la terre ce qu’elle a de meilleur ».
Tout près de lui, il y aura le chasseur, l’autre homme du « terroir » qui, lui aussi, incarne « l’équilibre, la raison, le bon sens » mais dont il faut se méfier quand il se lance dans d’interminables « scènes de chasse en terres d’insécurité ».
Et, dans un coin du dessin, l’observateur attentif découvrira des caves secrètes, dans lesquelles opèrent de savantes gens – les alchimistes – qui, maniant cornues et alambics, sels et substances diaboliques, tentent obstinément  de « convertir » toute chose – même futile, même nuisible – en or. Car, telle est la « grande œuvre » du politique.
Nul doute que le Petit Prince, quand il aura pris connaissance de mon dessin, va me poser la question fatidique :
« Est- ce qu’il existe vraiment ton député ? »
A cela, je répondrai que mon dessin décrit un idéal – un « idéal typique », comme disent les anthropologues – et que de telles allégories visent à dire combien sont multiples et variées les tâches auxquelles doivent s’adonner ceux que nous avons choisis pour transformer nos peurs et nos désidératas en une œuvre collective, capable de résister aux vicissitudes de notre société dite « moderne ».
Il y a tant à faire … tant à dire …