Les images du « groupe-Assemblée »

Vue d’ensemble :
pourquoi faut-il que CELA soit dit et publié au J.O.Débats ?

 Ce sont gens de spectacle, comédiens, bateleurs …

    … ce sont gens d’armes, gens de la guerre … [page 8 ]

 ce sont gens des stades, gens des affrontements à la fois virils et « bon enfant » [page 9 ]

 ce sont gens d’église, novices, chanoines, évêques et simples croyants mêlés dans une cérémonie – une messe ? – qui n’en finit pas de finir … [ page 7 ]

 ce sont gens d’école, tour à tour pédagogues chevronnés et garnements portés au chahut … [ page 6 ]

 ce sont gens du marché, maquignons en diable, mais aussi paysans roublards … [page 7 ]

 … ce sont représentants … « nos » représentants …
… ils sont groupe … troupe … compagnie …  équipe … camp …  clan …  classe …  confrérie …

… ils sont Assemblée de la nation …

 Oui, mais pas d’une nation idéelle,  désincarnée,  hors du temps,  hors-sol. Une nation à faire, à faire exister.

     Et ces histoires de spectacle, de compétition, d’école, d’église, de marché  nous disent les chemins par lesquels la nation va exister et quels sont les passages obligés. Elles nous disent, tout à la fois, l’exigence du débat, de la confrontation –  l’impossible   consensus – et l’exigence du « vivre ensemble », du « quand même »  – le consensus absolument nécessaire .

 Le « café du commerce » , les histoires de « culottes (pas) propres» et de « triquité »  , les tirades à la Cyrano seraient des passages obligés ? J’ai de la peine à le croire …
« Faut-il pleurer, faut-il en rire, fait-elle envie ou bien pitié » … notre Assemblée ?  Et le poète (Jean Ferrat) ajoute : « Je n’ai pas le cœur à  le dire ! »  …

C’est vrai ! On se fait une autre idée – une « haute » idée ! de l’Assemblée !
Mais,
Pourquoi faudrait-il que l’Assemblée fût triste ?

« Tout de même ! », me direz-vous.  … « Passe encore que ces phrases soient dites, mais qu’elles soient publiées, telles quelles, dans les Journaux Officiels de la République – les « J.O.Débats » – et sur le site de l’Assemblée nationale [http://www.assemblee-nationale.fr/12/debats/index.asp] ! Cela dépasse l’entendement ! »
Il y a là, j’en conviens, une énigme. Mais c’est justement cette énigme qui me motive.
Disons d’abord, pour être honnête, que ces intrusions dans le langagier et dans l’imaginaire populaires  sont plaisantes à lire.
Disons aussi qu’il n’est aucun autre organisme qui prenne ainsi le risque de publier l’intégralité de la parole qu’il engendre – qui l’engendre ? – que cette parole fût d’abord longuement mûrie avant d’être couchée sur le papier et dite en séance publique ou qu’elle jaillisse spontanément telle un boulet destiné à mettre l’orateur du camp adverse en mauvaise posture  … ou telle une bravade visant à faire rire la chambrée ! …

 Bien sûr, ce ne sont que des mots. Des mots, pour reprendre l’expression de Pierre Legendre, « échappés du texte ».
Des mots que j’ai … « dés-assemblés » … pour mieux les appareiller,  les accorder, leur faire dire musique et sens …
Car, comme nous le dit le poète (René Char / voir en-tête du blog ), « les mots savent de nous des choses que nous ne savons pas d’eux »
Et c’est justement en partant de cette phrase de René Char, que je me suis dit – un jour , il y a de çà assez longtemps ! : « Et si l’on prenait les députés aux mots !  Si on leur faisait rendre gorge » …non ! pas aux députés . (la Terreur a fait son œuvre … elle n’est plus d’actualité !).. mais aux mots …
Si donc, on faisait « rendre gorge » aux mots, peut-être – certainement même ! – nous apprendraient-ils sur les députés des choses que eux-mêmes ne savent pas, mais qui nous en disent plus sur la raison d’être de l’Assemblée – et sur la démocratie – que ces longues pages de discours d’abord écrites, puis parlées (lues ?), avant d’être reproduites dans le
Compte-rendu.
    C’est ainsi que je me suis intéressé à la marge, aux ruptures du discours, aux interruptions, aux exclamations … et aux parenthèses (Ah ! les parenthèses des J.O.Débats !) … car, entre ces parenthèses,  bruissent de mystérieuses mélopées,  s’exhalent d’ineffables senteurs  qui nous invitent  à pousser la grille  et à faire quelques pas – fussent-ils convalescents, mal assurés –  au pays des incertitudes démocratiques.