Les images du « groupe-Assemblée »

Assemblée et/ou « café du commerce » ?

    Certes …
… puisque « nous sommes Ici  “à l’Assemblée “ 
» 
… puisque «
Ici
 » « est le peuple souverain » …
… puisque « c’est Ici  le temple de la loi »  …  

… l’hémicycle ne saurait, en aucun cas,  être assimilé au … « café du commerce » …

… et pourtant  …

Malgré les dénégations des uns et des autres, il apparaît souvent que l’Assemblée ressemble au « Café du commerce » !.

« Ça s’arrose, monsieur B. ! / C’est déjà fait ! » … «  Monsieur G.  va gagner le tiercé ! / Je prends  les paris. » … « Chiche, je parie une bouteille de clairette. /  C’est du dopage ! » … « Le disque est rayé ! / Qui a remis un euro dans la machine ? » … « J’ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer : Lens est mené 1 à  0 ! » … «  Vous ne parlez que du Paris-Saint-Germain. / En plus, ils sont nuls !  »

Il ne s’agit pas d’un « micro-trottoir », ni d’une parole saisie au vol dans la « salle des Pas perdus »[1] . Cela figure noir sur blanc dans le Compte rendu intégral des débats, tel qu’il est publié au Journal officiel [2] …et « bien d’autres choses avec » !

 

«  Ici » … « dans cette Assemblée » … « dans cet hémicycle » … « dans cette maison » … on cause de tout et de rien … avec un aplomb pas possible …

« Si c’est dans le journal, c’est que c’est vrai ! »… « C’est encore un polytechnicien qui a pondu cela ! » …  « Elle ne tombe pas du ciel la croissance ! » … « Le travail n’a jamais tué personne ! » … « C’est pas moi, c’est ma sœur qui a cassé la machine à vapeur ! »

 

« Ici » … « dans cette Assemblée » … « dans cet hémicycle » … « dans cette maison » … on s’interpelle avec tous les noms d’oiseaux possibles ! …

« Rastaquouère ! » … « Bonimenteur ! » … « Baratineur » … « Camelot ! ». «  Charlatan ! »  …  « Charlot ! » … « Démago ! »  …  « Mégalo ! » …« Minable ! » …  « Cachottier !» …   « Arracheur de dents ! »  … « Vous voulez que j’écoute ce pitre ? /  Mais c’est Bozo le clown ! Faites le taire ! » … « Quel fayot ! » … « Petit roquet ! À la niche ! » … « Qu’est-ce que c’est que ce crétin ? » … « Vous êtes des voyous ! » …

 

« Ici » … « dans cette Assemblée » … « dans cet hémicycle » … « dans cette maison » … parfois on se lâche et on s’évertue à parler « popu » …

« Arrêtez vos conneries ! » … « Mais quel menteur, ce mec !  » … « Avec des « il y a qu’à  » et des  « faut qu’on  » » … « Vous êtes culotté !/ Vous ne manquez pas de culot !» … . « Il pète les plombs ! Il va faire un malaise ! Qu’on appelle le SAMU ! » … « Quelle bouillie de chat !/ Mettez-le-nous dans le formol ! »« Vous n’allez pas nous  faire  une pendule sur ce droit de grâce, ce n’est pas très sérieux ! »  … « Où est le malaise ? » … « Plus, c’est gros, plus çà passe ! » … « Mieux vaut entendre ça que d’être sourd ! » … « Et ta sœur ! » …

 

« Ici »» … « dans cette Assemblée » … « dans cet hémicycle » … « dans cette maison » … on en entend « des vertes et des pas mûres » ! …

«  Je vais retirer mon amendement. / Ce sont des adeptes de la méthode Ogino [3]«  Vous reprochez à l’envi aux uns et aux autres de ne pas être ici ou là, comme si vous-même aviez le don d’ubiquité, voire de  « triquité«  ! »«  Pour avoir coordonné le premier essai de médicament destiné au traitement des dysfonctions sexuelles / Comme cobaye ? »

 

« Ici » … « dans cette Assemblée » … « dans cet hémicycle » … « dans cette maison » … on se raconte des « histoires de mecs » (« Je remercie  madame J. de son cours d’électroménager qui m’a vivement intéressé ! ») … des « mecs » qui, Dieu merci, savent se montrer plus courtois, mai qui s, dans ce cas, prennent le risque de s’entendre dire par un collègue : « Il drague !»

 

… et parfois « çà dépasse les bornes » …
Par exemple …  quand un député (tout à fait quelqu’un de bien) se permet de dire à l’une de ses collègues (elle aussi tout à fait quelqu’un de bien ![4]) qu’elle « n’a pas les culottes propres » (« Madame R., les leçons d’éthique élémentaire nous apprennent que pour donner des leçons de morale, il faut avoir les culottes propres : vous ne les avez pas ! »)
…. et que  le président de séance invite ledit  député à retirer ses propos et à faire des excuses  (« – Le président. La parole est à monsieur C.  Pour regretter ses propos ? /– Le député. Absolument pas. » ) …

... et que, non seulement, ce dernier refuse, mais, comme le fait remarquer un collègue, il  « aggrave son cas » … même que cela fait rire (certains de ?) ses collègues !  …

« – Le député. Quant à cette affaire de culottes, les hommes comme les femmes en portent. (Sourires.)
– Un deuxième député. Pas toujours ! (Rires.)
– Un troisième député. C’est une réponse culottée !
– La députée. Cela mériterait une bonne fessée ! »

[1]  La « salle des Pas perdus » est le grand hall attenant à la salle des débats. C’est là que les journalistes guettent les députés, dont certains se montrent  plus prompts à réagir devant un micro ou une caméra que devant leurs collègues dans l’hémicycle.

[2] Le « Journal officiel de débats » (appelé communément  « J.O. Débats ». Aujourd’hui, le Compte rendu intégral est aussi publié sur le site l’Assemblée nationale [http://www.assemblee-nationale.fr/].

[3] Méthode de contraception.

[4] Puisque quelques années plus tard, elle sera candidate à l’élection présidentielle.