01_le rural, une « force tranquille » ?

au Palais Bourbon

De tels arguments ont-ils pesé dans la « campagne » ( et lors de la « campagne » (électorale) ! puisque’il est de coutume d’utiliser le même terme pour évoquer ces deux réalités, pourtant fort distinctes / voir, sur mon autre blog, La ballade des gens élus/ IV : Il y a «campagne» … et « campagne »)

A peine un agriculteur sur trois a voté pour Mitterand au deuxième tour . (Mais ces 32 p.100 représentent un gain de quatre points par rapport à 1974 ).
Le nombre de députés ayant déclaré la profession d’exploitant agricole va même baisser dans la nouvelle Assemblée : ils étaient 17, ils ne sont plus que 10.
Hors agriculture, il est une caractéristique de cette nouvelle Assemblée qui ne sera pas sans influence sur les débats : sur cinq nouveaux députés socialistes, deux n’étaient pas membres de l’appareil (75); un sur cinq est devenu directement député, le plus souvent après avoir été militant d’un syndicat ou d’une association. Ces non-professionnels de la politique auront du mal à accepter les compromis et les revirements stratégiques par rapport au programme électoral et cela sera particulièrement vrai en matière de « nouvelle politique agricole » (NPA)
( Beaucoup de ces députés seront sans doute complètement inconnus du lecteur, d’autant plus que la plupart d’entre eux seront éliminés en 1986 ; certains – bien que très actifs à l’Assemblée, ne seront même pas reconduits comme candidats !)
Le décor est planté. Les acteurs sont en place.
Nous allons voir entrer en scène – il s’agit de la séance dite d’installation de la nouvelle Assemblée – le doyen des élus, Marcel Dassault :
« Mesdames,messieurs les ministres,mes collègues, le chômage étant toujours à l’ordre du jour, je vais vous parler du chômage (Sourires).
Je suggère différentes solutions pour y remédier. »
Et c’est ainsi que , dès les premières envolées, la ruralité sera présente ( dans sa version « force tranquille !) : face à  » l’armada des motos japonaises ou allemandes  » – dira M.Dassault – « les chênes de la forêt de Compiègne » symboliseront la force tranquille de la France rurale.
Citons encore – pour le plaisir ! – dans le même registre :
François d’AUBERT :
« Le solstice d’été est déjà loin, et déjà s’amorce le solstice d’hiver, avec ses ombres et ses brumes budgétaires […]  »
Maurice CORNETTE (lors d’un débat sur l’énergie) :
« Voici, Monsieur le ministre, du soleil en sachet ! ( et le Compte rendu de préciser qu’effectivement, il exhibe un sachet de grains) Chaque année, le soleil fait mûrir et lever dans nos champs des moissons de céréales. La récolte consiste à séparer le grain de la paille […] »

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