03_ »quantum » et politique différenciée des revenus

le débat sur les offices d’intervention

Mais la session ne se terminera pas sans que les députés ne puissent en découdre sur les questions agricoles. Il faudra pas moins de dix séances pour venir à bout du projet de loi relatif  » aux offices d’intervention dans le secteur agricole ».
Pour les uns ( à gauche), ces offices sont parés de toutes les vertus : ils vont permettre d’ »enrayer la baisse du revenu » et d’ « organiser les marchés » – le premier objectif étant subordonné au premier.
Pour les autres ( à droite) , ces offices ne sontqu’un « théâtre d’ombres » ou, comme le dit un député féru d’architecture « une façade faite de fausses fenêtres, à la Mansart, pour un immeuble qui n’existe pas » (C.FEVRE ).
La logique du projet socialiste peut se résumer en deux formules :
1. « agir avant le mal »
2. « corriger le jeu des forces économiques« .
1. « agir avant le mal »

« Que d’incompréhensions accumulées au cours des ans entre les paysans et les autres catégories sociale !s« , s’exclame Jean-Pierre WORMS.
S’il y a « désunion entre la nation et son agriculture » c’est qu’ »il y a, à l’évidence, contradiction entre les intérêts des producteurs et ceux des consommateurs, souvent plus attentifs aux prix alimentaires qu’aux autres quand il s’agit d’apprécier le poids du panier du ménage« . (C.JOSSELIN )
C’est aussi parce que « certains » en tirent profit :
« Comme il est facile, dès lors, à tous ceux qui contribuent à l’opacité des marchés et qui en tirent profit, soit financièrement soit politiquement, de dresser les uns contre les autres les producteurs et les consommateurs, les urbains et les ruraux, les travailleurs de la terre et ceux des usines et des bureaux ! » (J.P.WORMS ).
« En réalité,mes chers collègues, pendant vingt-trois ans, la droite a constamment traité l’agriculture comme un secteur mineur et assisté. Elle a vu en lui un enjeu politique, une clientèle à séduire et à conserver, au prix d’aides diversifiées à l’extrême, créées au coup par coup.
Cette attitude a pourtant trouvé un large écho dans la profession car elle a permis à certains représentants officiels de l’agriculture de se tailler de faciles succès.
 » (Y.TAVERNIER ).
Il est donc indispensable de changer de politique.
« A l’opposition traditionnelle et simpliste entre interventionisme privé et interventionisme d’Etat, nous préférons substituer l’opposition entre deux conceptions de la politique agricole.
La première est celle d’une politique d’assistance : elle intervient toujours après le mal.
La seconde 
[…] est celle d’une politique d’anti-assistance puisque son but est d’agir avant le mal. Connaître ,prévoir et orienter le marché, telles sont les missions de l’office des viandes.
Ce sont, me semble-t-il, les prémices d’une politique nouvelle et audacieuse.
 » (M.SAPIN )
2. « corriger le jeu des forces économiques« .

Les agriculteurs sont « les derniers salariés de notre pays à continuer d’ignorer le prix de leur récolte, c’est-à-dire le salaire qu’ils percevront. (Applaudissements PS) » (J.C.PORTHEAULT)
« Comme ils sont obligés de rembourser leurs emprunts, de régler leur fermage et de payer leurs fournisseurs d’engrais ou d’aliments de bétail, en ne négligeant pas de s’acquitter de leurs impôts, c’est finalement le travail de l’exploitant agricole qui n’est pas rémunéré, le travail de sa famille, des aides familiaux.  » (J.J.BENETIERE ).
Pour remédier à cette situation et mettre en oeuvre le mot d’ordre de la Commission nationale agricole « Penser à l’homme avant de privilégier le produit. » [ rétro-débat 2], trois paramètres doivent être actionnés en même temps :
le revenu par les prix
un prix suffisamment rémunérateur
une rémunération qui tienne compte du facteur travail.
Nous n’entrerons pas ici dans le détail des mesures qui découlent de ces principes. Le sujet est trop technique et nous éclairerait assez peu sur les problématiques générales de la gauche à cette période.
Mais nous retiendrons un point qui, lui, peut se décliner à la fois dans le secteur agricole et dans d’autres secteurs de la société : dans quelle mesure faut-il promouvoir une politique différenciée pour réduire les inégalités ? cette politique peut-elle inclure des mesures d’ordre économique ou bien faut-il laisser faire le marché et procéder à des ajustements dans d’autres sphères (fiscalité, protection sociale …) ?
Si nous revenons un peu en arrière [rétro-débat 2], nous constatons que, pour les socialistes, l’unité du monde agricole n’est qu’une « fiction » (C.JOSSELIN). Ou, comme le dit Y. TAVERNIER, « Il n’y a pas une ,mais des agricultures. »
Or, jusqu’à présent les aides « ont profité essentiellement aux agriculteurs déjà engagés dans le processus d’intensification et pas forcément aux plus démunis« . (R.HUGUET)
Donc, si on veut sortir de ce cercle vicieux générateur de nouvelles inégalités, il faut – disent les députés socialistes, certains du moins car la question ne fait pas l’unanimité – instaurer une politique des prix et/ou des revenus différenciée.

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