05_BARRE … ROCARD … et les autres

… et les autres…

Les altercations entre Raymond Barre et Yves Tavernier ne portent pas que sur la forme. Elles mettent en évidence des clivages profonds.
 » – Y.TAVERNIER. Je voudrais vous faire observer courtoisement qu’au cours des vingt ans qui ont précédé notre arrivée aux responsabilités, .la progression économique a été considérable dans l’agriculture, avec un doublement de la production. Nous sommes devenus la deuxième force exportatrice mondiale. Tout cela est très bien, et j’en félicite d’abord les agriculteurs et ceux qui les ont aidés. (Applaudissements sur plusieurs bancs UDF.)
– F.GENG. Très bien, très bien ! (Rires sur les mêmes bancs.)
– Y.TAVERNIER. Mais, monsieur Barre, si vous permettez…
– R.BARRE. Je vous écoute avec satisfaction, monsieur.(Nouveaux rires sur les mêmes bancs.)
– Y.TAVERNIER. … je constate que, pendant cette même période, les deux tiers des agriculteurs français ont disparu, et ceux-là aussi nous intéressent. »
Cette intervention fournit à Raymond Barre l’occasion de justifier la politique qu’il a menée ainsi que celle de ses prédécesseurs:
« Monsieur Tavernier, je voudrais vous dire trois choses.
Premièrement, je suis entièrement solidaire des politiques agricoles qui ont été menées depuis 1960-1962.
Deuxièmement, je n’ai jamais vu de développement d’un secteur agricole attardé comme était le nôtre sans un exode rural. Que serait aujourd’hui la France, monsieur Tavernier, si elle avait la même population agricole qu’en 1945 ou en 1950 ?
Troisièmement, la politique agricole des vingt-cinq dernières années a toujours été conduite en faveur de l’exploitation familiale.
Si vous me permettez un souvenir, j’étais à Bruxelles lorsque mon collègue, M.Mansholt, avait proposé la création de véritables usines agricoles
 […] »
Une fois de plus, la défense de l’exploitation familiale est au cœur du consensus possible.
Pour Raymond Barre, cette position est tout à fait compatible avec la « montée en puissance » de ce qu’il appelle le « pouvoir vert »
( à l’époque, une telle expression n’avait rien à voir avec l’écologie ; elle était même complètement à l’opposé, dans la mesure où elle justifiait le productivisme qui a causé les dégâts que l’on sait.)
Une « vraie politique agricole pour l’avenir », affirme-t-il, « doit reposer sur une vision dynamique de l’agriculture et de l’agro-alimentaire. »
Or, cette question de la compatibilité entre la défense de l’exploitation familiale et « une vision dynamique de l’agriculture et de l’agro-alimentaire » est au cœur de la rupture – au sein des députés socialistes – que nous avons déjà évoquée, entre les « mutants » et les impatients »

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