09_l’Europe, encore l’Europe , toujours l’Europe …

Marché commun et/ou libre concurrence ? :
un désaccord de fond entre Ps et PCF

« Tout le monde s’accorde à reconnaître que ce secteur essentiel de notre économie [ c’est d’agriculture qu’il s’agit ] est confronté à des choix stratégiques, à un tournant de son histoire.
L’agriculture est ainsi devenue l’un des principaux enjeux politiques de notre époque. Les plus grands pays agricoles se disputent à coup de milliards de dollars le droit à produire et à garder le marché. » (A.SOURY/ PCF ).
La situation est difficile, tout le monde le reconnait.
« L’apport de l’agriculture et de l’agro-alimentaire à l’équilibre de nos comptes extérieurs sera de plus en plus nécessaire, mais aussi de plus en plus difficile, compte tenu de la montée des concurrences entre les grands pays agricoles et de la progression limitée de la demande alimentaire solvable, en raison des difficultés que connaissent les pays de la faim. »
( Cet argumentaire de Jean-Jacques Bénétière/ PS n’est pas sans rappeler celui de la FNSEA.)
Mais le PCF conteste cette notion de « solvabilité des marchés«  :
« Il y a, affirme André Soury, d’un côté, des excédents coûteux à écouler. De l’autre côté, c’est l’explosion des besoins.  »
Si l’on excepte le PCF, il y a aussi accord pour dire que la solution passe nécessairement par l’Europe :
« Dans ces conditions, il n’est pas de stratégie possible sans une politique agricole de dimension européenne.  » (A.MAYOUD /UDF)
Et pourtant, lorsque l’on rentre dans le vif du sujet, les critiques se font vives, en particulier contre la Commission.
« Dix ans de laxisme et de laisser-aller en matière de politique laitière ont amené la mise en place des quotas… En outre la Communauté n’a pas su organiser convenablement la mise en place temporelle des mesures de limitation.
L’incohérence de la politique européenne d’intervention risque, par ailleurs, d’aboutir plus rapidement qu’on ne le croit à une pénurie de viande
. »
Ce réquisitoire n’est pas le fait d’un orateur du RPR – ni même d’un député communiste. C’est Alain Rodet qui le prononce, tout député socialiste qu’il soit.
Revenons au PCF.
Ce dernier considère que, seule, une politique « fondée sur la paix et le développement » et visant à promouvoir un  » nouvel ordre économique international« , peut résoudre les problèmes qui se posent à l’agriculture.
« Après 1981, nous avons pu croire que la France avait fait ce choix.
Mais sous la pression américaine et sous les coups de ceux qui siègent à la droite de cette assemblée et au CNPF
 (rires sur les bancs du RPR et de l’UDF.), le Gouvernement auquel vous appartenez et le Président de la République ont adopté finalement les thèses américaines, qui se traduisent aujourd’hui à Bruxelles.
Les sommets des chefs d’État se sont soldés à chaque fois par des abandons. On devenait « raisonnable », disait-on !
Mme Thatcher avait son chèque.
Il y avait trop de vin: il fallait bien arracher le vignoble.
Il y avait trop de lait : les quotas s’imposaient
. » (A.SOURY ).
Ainsi, aux yeux des députés communistes, le gouvernement socialiste ne peut pas rejeter toute la responsabilité des difficultés que connaît l’agriculture sur le contexte international :
« La boucle sera bouclée lorsque le Gouvernement aura accepté, avec quelques clauses de style, la voie tracée par le « Livre vert » [i] de la commission de Bruxelles.
Il est vrai que la libre concurrence est devenue un de ses crédos majeurs. » (id.).

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