2002 : le « 21 avril »

Dixième station  :
où il est question,
pour conjurer le mal civique,
de reconnaître le vote blanc.

Cette fois-ci, c’est le groupe UDF qui est à la manœuvre et qui défend une proposition de loi tendant à « reconnaitre le vote blanc.

« Notre démocratie est malade, tout le monde en convient. Toutefois, ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on fera tomber la fièvre du malade.
Cela dit, nous estimons que la reconnaissance du vote blanc est un moyen comme un autre de faire participer davantage nos concitoyens à la vie démocratique.
 »

« Au cœur de cette proposition de loi, on trouve deux idées simples :
la première est que mieux vaut un vote blanc que pas de vote du tout ou qu’un vote extrême.
La deuxième est que
la défense du pluralisme passe par la reconnaissance du vote blanc. »

« Un élément essentiel justifie cette proposition de loi : la liberté de choix dont doivent pouvoir bénéficier les électeurs. Il ne faut pas avoir peur de la démocratie, il faut laisser aux électeurs la possibilité de voter comme ils le souhaitent.
Le fait de se rendre dans un isoloir pour déposer un bulletin blanc dans une enveloppe est un acte civique qui mérite d’être reconnu.
 »

Les arguments peinent à convaincre aussi bien députés de droite que députés de gauche :

« L’affaire du bulletin blanc est l’exemple même de la fausse bonne idée. »

« Se retrancher derrière une reconnaissance du vote blanc comme suffrage exprimé est une forme de démission, c’est tirer un trait définitif sur le combat républicain de la reconquête du citoyen. »

« On sacralise le non-choix et, loin de guider l’électeur vers la citoyenneté, on veut promouvoir, en le caressant dans le sens du poil – je n’irai pas jusqu’à parler de démagogie -, un consumérisme grognon où chacun exprimera plutôt des insatisfactions que des volontés, ne votant pas pour quelque chose ou pour quelqu’un mais pour envoyer des avertissements ou des cartons jaunes tous azimuts ! »

« Voter c’est prendre parti, c’est soutenir et affirmer des convictions. Il appartient à chacun et chacune d’entre nous, en tous cas à nos formations politiques, d’éviter de créer des espèces de consensus mous sur des idées ternes. La pire des choses dans le domaine électoral, c’est, en effet, de ne pas inciter nos concitoyens à prendre parti et à choisir. »

[ voir chronique d’un débat sur le vote blanc :
pour ou contre le vote blanc
ou (site médiapart.fr) :
le vote blanc / rétro-débat [2003] : (1)  pour ou contre la reconnaissance [rétro-débat 1]
(2) : « ce n’est pas en cassant le thermomètre … » [rétro-débat 2 ]