retraites 2003 : Martine BILLARD (au jour le jour)

j10 ( 20 juin )
« On finit par se demander à quel moment les salariés sont les bienvenus dans les entreprises. »

Imperturbable, elle dit ce qu’elle a à dire … et çà fait mouche !

Témoin cette envolée à propos du MEDEF (il est question de cette curieuse affaire dont nous parlerons lors de la prochaine chronique : l’« employabilité des seniors »

« 
Le MEDEF veut bien des salariés de cinquante ans ou plus, mais à condition que cela lui coûte le moins cher possible.
On finit même par se demander à quel moment les salariés sont les bienvenus dans les entreprises …

… quand ils sont jeunes, ils ne sont pas assez formés – donc l’entreprise obtient des exonérations de charges …

… quand ils sont un peu plus vieux, mais qu’ils n’ont pas de formation, donc des bas salaires, ils coûtent encore trop cher- nouvelles exonérations de charges …

…quand ils sont dans l’exclusion, on ne va quand même pas les payer à ne rien faire, donc on crée le RMA – d’où exonérations de charges, et même sous-salaires …

… les femmes ? C’est embêtant, parce que ça peut avoir des enfants, et ça peut s’arrêter pour les élever ; on leur accorde donc des salaires inférieurs …

…les trente-cinq – quarante-cinq ans ? Il faudrait compléter leur formation pour qu’ils s’adaptent mieux.[…]
( Une formation sur le temps de travail ? Vous n’y pensez pas, dit le MEDEF : ce sera une formation de 140 heures en dehors du temps de travail, obligatoire si le patron le décide !)

… après quarante-cinq ans, les salariés coûtent trop cher …
( Alors, le MEDEF veut bien se laisser amadouer pour les garder dans l’entreprise, mais à condition qu’il y ait des exonérations de charges )

Bref, on entend beaucoup parler de liberté, mais visiblement, ce n’est pas la même liberté pour tout le monde. »

À lire et à consommer sans modération !