retraites 2003 : Martine BILLARD (au jour le jour)

 j02 (11 juin)
« Votre réforme introduit la débrouille individuelle avec la capitalisation. »

Martine Billard interviendra au cours de cette séance de nuit, dans le cadre de la « discussion générale ». Il s’agit d’une intervention de fond, très argumentée et qui pose clairement les lignes de clivage entre majorité et opposition.

« Mme Martine Billard.  Votre réforme introduit la débrouille individuelle avec la capitalisation sous forme d’épargne retraite.
M. Jean-Michel Dubernard, président de la commission. Mais non !
M. Bernard Accoyer. Quelle caricature !
Martine B. Elle est fondée sur votre refus a priori de dégager d’autres moyens pour financer les retraites.
Et pourtant, notre pays s’est-il appauvri ces dernières années ou risque-t-il de s’appauvrir dans les années à venir ?
A priori non. La France est l’un des pays les plus riches de la planète, mais où malheureusement les inégalités vont en augmentant.Il s’agit d’un choix politique. Comment voulons-nous répartir les richesses ?
Nous, les Verts, considérons que chaque habitant de notre pays, quels que soient son âge, son sexe, ses activités professionnelles, doit avoir les moyens de vivre dignement.
Pour nous, le choix est clair : la retraite n’est pas un problème, c’est une richesse. Elle constitue un troisième temps de vie qui permet à beaucoup de se réaliser dans les activités de leur choix.


Au nom de l’allongement de l’espérance de vie après quatre-vingts ans, vous voulez augmenter la durée de cotisation. Mais pour travailler plus, encore faudrait-il le pouvoir.
Or beaucoup de salariés sont licenciés avant de pouvoir bénéficier du nombre d’annuités nécessaires à l’obtention d’une retraite à taux plein. La souplesse que vous vantez, c’est surtout celle qui permet d’être jeté comme un vieux citron trop pressé.
(Sourires.)

Alors oui, il faut une réforme des retraites, mais une réforme qui renforce la répartition et la solidarité, qui réduise les inégalités.
Or le seul résultat de votre réforme sera une baisse importante du montant des retraites des salariés tant du public que du privé. Les salariés de ces deux secteurs l’ont d’ailleurs compris et le montrent en manifestant depuis des semaines.

Pour essayer de rétablir un minimum d’équité, je défendrai, au nom des députés Verts, des amendements sur les thèmes que j’ai développés. »
(Applaudissements sur les bancs du PS et du PCF.)