laïcité et intégration

Martine Billard NI Paris 1ère
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L’intégration devient un discours récurrent. On somme à tout moment les jeunes dits « issus de l’immigration » de s’intégrer. Mais de quelle immigration s’agit-il ? De la portugaise, de l’espagnole, de la polonaise ?
Non, Cette expression « politiquement correcte » fait, en réalité, référence aux jeunes de couleur, tout comme « musulman » fait de plus en plus référence à « arabe ».
Or il y a aussi des arabes chrétiens, comme des arabes sans religion.

Que veut dire « immigrés » pour des jeunes nés en France de parents nés en France, de grands-parents venus travailler dans notre pays ?
Devront-ils, génération après génération, parce que non-blancs et à cause de la consonance de leur nom, rendre compte de leur « francité » ?

Que veut dire « intégration » pour ces jeunes, souvent bardés de diplômes, qui « galèrent » de boulots précaires en boulots précaires et peinent à accéder à un logement ?

Que veut dire « intégration » quand ces jeunes, aussi français que vous et moi, reçoivent des formulaires de la caisse d’assurance maladie où la case « titre de séjour » est cochée uniquement en raison de la consonance de leur nom ?

Qui doit s’intégrer ? Ce jeune Français qui travaille normalement, a une famille, des enfants, paie ses impôts mais dont le prénom est Mehdi ? Ou ne serait-ce pas plutôt nos institutions qui rejettent ces jeunes en leur faisant sentir constamment qu’ils ne sont pas des Français comme les autres ? Ne s’agit-il pas souvent de discriminations plutôt que de difficultés d’intégration ?

Devant la difficulté à être acceptés, certains vont malheureusement se réfugier dans des solutions identitaires. Certains glissements sémantiques actuels enferment un peu plus dans ce repli identitaire.

Comment peut-on parler de « jeunes d’origine musulmane » pour nommer des jeunes dont les familles sont originaires du Maghreb ?
Parle-t-on de « jeunes d’origine catholique » pour ceux issus de l’immigration italienne, espagnole, polonaise ou portugaise ?
Quand on en est à vouloir nommer un « préfet musulman », comment s’étonner ensuite que des jeunes se laissent convaincre d’utiliser une religion comme moyen d’être reconnus dans notre société ?
Les assignations identitaires ethnico-religieuses étaient jusqu’à maintenant surtout le fait de l’extrême droite. Pourquoi seraient-elles devenues « positives » ?

Le pourquoi et le comment de cette série sur la laïcité :
laïcité/ propos de députés ( 2004 ) : le pourquoi et le comment
une vue d’ensemble :
laïcité : paroles échappées du texte ( Assemblée nationale / 2004 )

Lire aussi
BILLARD_débat retraites 2003_interventions au jour le jour

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