laïcité et intégration

Nathalie Gautier SOC Rhône
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Dans ma circonscription, à Villeurbanne, ville située dans les faubourgs industriels de Lyon et constituée des vagues successives d’immigrants de toutes nationalités et confessions – Espagnols et Italiens fuyant le fascisme, Arméniens fuyant le génocide, juifs ashkénazes de l’Europe de l’Est, juifs séfarades d’Afrique du Nord, Algériens, Marocains, Tunisiens, Turcs, Africains du Sénégal et du Mali -, cette pluralité d’origines, de confessions et de cultures a trouvé à l’école républicaine un espace commun, un espace de valeurs communes à partager. « Nous sommes tous venus d’ailleurs, nous sommes tous devenus d’ici » : cette phrase résume à elle seule notre ville.

Mais l’intégration républicaine dont nous sommes si fiers, à juste titre, se combinait avec l’espoir d’un avenir meilleur, avec la croyance en l’égalité des chances et la certitude d’une promotion sociale.
C’est le travail, la fierté de pouvoir assumer l’éducation de ses enfants et de faire vivre sa famille qui a permis l’intégration à la communauté nationale.
La période de plein emploi a joué son rôle et le respect de la laïcité à l’école a permis à tous les élèves d’origines et de confessions diverses de grandir ensemble.

Or, aujourd’hui, le chômage de masse s’est durablement installé. La précarité est devenue le quotidien d’un grand nombre de ces familles. De travailleur, on est devenu inutile, voire indésirable, et l’assignation à résidence est devenue la règle dans les quartiers les plus pauvres.

L’ascenseur social, qui garantissait l’intégration, s’est grippé. La désillusion a provoqué l’amertume, voire la révolte des jeunes de la deuxième génération, qui espéraient un avenir meilleur que le destin d’immigrants subi par leurs parents.

Le repli identitaire a suivi, avec ses dérives fondamentalistes. L’école en a été le premier témoin parce qu’elle est au cœur des quartiers où s’expriment ces confrontations, ces différences, ces inégalités. […]

Il est clair que le projet de loi ne saurait, à lui seul, supprimer les causes de ces phénomènes et ces discriminations.

La politique de la ville a tenté, souvent avec succès, de corriger les effets de la ségrégation urbaine et sociale, mais elle n’a pas suffi à combattre les désastres sociaux causés par le chômage.

Pour autant, je n’ai pas l’intention de plaider pour la discrimination positive. Ce terme est choquant et il ne correspond pas à l’objectif d’une République laïque et fraternelle.

Oui, la discrimination sociale est réelle.

Oui, l’égalité des chances et la solidarité sont une exigence.

C’est pourquoi la République laïque que nous voulons faire vivre doit être également une République sociale, faute de quoi elle ne peut être un idéal partagé par tous.

Le pourquoi et le comment de cette série sur la laïcité :
laïcité/ propos de députés ( 2004 ) : le pourquoi et le comment
une vue d’ensemble :
laïcité : paroles échappées du texte ( Assemblée nationale / 2004 )

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