00-2_présupposés_les fonctions de l’Assemblée vues par les députés

« l’expression de la volonté générale »

« Le Parlement, c’est son nom même, est le lieu où l’on parle ». J’emprunte la citation à R.DOSIERE ; mais j’aurais pu l’emprunter à nombre de députés. C’est là un lieu commun, un leitmotiv.

Très souvent , cette évidence d’ordre étymologique, est adossée à la célèbre de phrase de Clémenceau :  « Gloire aux pays où l’on parle, honte aux pays où l’on se tait. »

M. René Dosière La démocratie vit ainsi à travers nos propos. L’exercice est difficile, mais il nous a été légué en héritage par les quinze mille députés qui nous ont précédés sur ces bancs depuis que la Révolution française a permis qu’il y ait une Assemblée nationale.
M. Jean-Jacques Urvoas. Très bien !
M. René Dosière. Mes chers collègues, ils ont fait vivre la démocratie, comme nous devons le faire aujourd’hui. Songez aux paroles de Georges Clemenceau à cette même tribune, le 4 juin 1888 : « Gloire aux pays où l’on parle, honte aux pays où l’on se tait. »

Lieu de « parole » institué pour « faire vivre la démocratie » : telle est la première fonction du débat d’Assemblée.

Mais les modalités de cette parole sont particulières : celui qui parle – le député – ne parle pas pour lui-même, mais pour un Tiers absent : l’ensemble des citoyens.

La culture parlementaire qui est la mienne est celle d’un Parlement où l’on parle ; où ceux qui prennent la parole expriment l’opinion des citoyens qui les ont élus, des citoyens qui ont besoin de porte-parole. Quand je parle à cette tribune, le peuple s’exprime à travers mes paroles ; quand vous parlez et quand chacun d’entre nous parle à cette tribune, c’est le peuple de France qui s’exprime dans les propos que nous tenons, chacun et ensemble, dans notre diversité. [R.DOSIERE ]

Les débats d’Assemblée expriment donc autre chose que l’opinion des locuteurs présents dans l’hémicycle. « En tant que » « représentant », le député parle « au nom de » – au nom du « Tiers absent ». En tant que« porte-parole », il « relaie dans [l’] hémicycle  les préoccupations des Français » . Il « soulève des questions et développe des arguments inspirés de ce qu’il observe dans sa circonscription. » [ le même ]

Seulement voilà, les questions soulevées par celles et ceux qui lui ont remis un « mandat » ne vont pas toutes dans le même sens, n’appellent pas toutes les mêmes réponses : « L’intérêt général n’est pas nécessairement compatible avec les intérêts particuliers. »
Or, « le fondement même du régime parlementaire », c’est de « construire l’intérêt général » : « Une loi doit être l’expression de la volonté générale. »

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