01_une réforme à l’initiative de N.SARKOZY ( discours d’Epinal/ 2007 )

les limites du débat
ou pourquoi il ne convient pas
de revenir « à un parlementarisme plus pur »

Il y a un débat sur la représentativité du Parlement et sur la proportionnelle ? Je suis pour le scrutin majoritaire qui permet de dégager des majorités stables pour gouverner. Mais au nom de quoi peut-on refuser de discuter de l’introduction d’une dose de proportionnelle à l’Assemblée ou au Sénat qui permettrait d’améliorer la représentativité du Parlement sans remettre en cause le fait majoritaire ?

Quand on en arrive au débat de fond sur la nature même du régime, cela donne :  Il y a un débat sur l’étendue des pouvoirs du Président de la République ? Eh bien mettons le sujet sur la table. Il y a un débat sur le retour à un parlementarisme plus pur ? Je n’y suis pas favorable. Mais parlons-en.  Il y a des voix qui s’élèvent pour dire que la logique du quinquennat oblige à aller vers un régime présidentiel où la séparation des pouvoirs est totale. Je crois que la France n’est pas prête à cette évolution et que les conditions ne sont pas réunies pour qu’un tel système fonctionne correctement. Mais pourquoi ne pas échanger sur ce sujet comme sur les autres ? 

«  Pourquoi ne pas échanger sur ce sujet comme sur les autres ? »… … mais est-ce là un sujet « comme les autres » ? …. … s’agit-il d’un sujet sur lequel on pourrait se contenter d’« échanger » ( entre gens comme il faut ! ) ? … … alors que ce qui est en cause, c’est – au dire même du Président – la « vérité ultime » des institutions .

C’est dans les moments où tout doit changer sous peine du plus grand péril que les institutions se révèlent pour ce qu’elles sont. C’est dans ces instants cruciaux où leur rôle est décisif qu’elles expriment leur vérité ultime. S’ensuit une envolée sur les institutions … « Car les institutions, ce sont les points fixes des sociétés humaines. […] Elles sont la réponse que chaque peuple tente d’apporter pour lui-même à l’éternelle question du pouvoir. » [ voir texte intégral dans ?????????? ] … au terme de laquelle il apparaît que « leur vérité ultime », c’est … la « défense d’ » un Etat qui fasse réellement son métier »  [ citation empruntée au général de Gaulle ]  .. et donc, in fine, la défense de la Vème République . Ce n’est pas un hasard si la réforme de l’Etat a toujours été en France le préalable à toute grande entreprise politique. Ce n’est pas un hasard si le renouveau de la France dans les périodes les plus difficiles de son histoire a toujours commencé par le rétablissement de l’autorité et du prestige de l’Etat.

Mais alors pourquoi est-il besoin d’une nouvelle « réforme » des institutions  ?

Parce que « à l’heure actuelle », … … l’Etat est « étouffé par le poids de sa dette », « paralysé par ses bureaucraties, par l’empilement des textes, des procédures et des contraintes de toutes sortes » et que cela «  contribue à bloquer la société au lieu de la libérer ». … parce qu’il « sert de paravent à beaucoup de conservatisme et de corporatisme au lieu d’être l’aiguillon du changement » … … parce qu’il « contribue à accroître les inégalités au lieu de les réduire »… En conséquence de quoi, « il s’agit de le réformer et non de l’affaiblir davantage. » «  Il s’agit de lui redonner les moyens d’agir et non de l’en empêcher. »

La Ve République a donné à la République pour la première fois dans notre histoire la stabilité gouvernementale. Ce n’est pas rien. Il ne faut donc y toucher qu’avec beaucoup de précautions, même si cette stabilité a été payée d’un déséquilibre parfois excessif au profit du pouvoir exécutif et au détriment du pouvoir législatif. 

« Même si » « cette stabilité a été payée d’un déséquilibre parfois excessif au profit du pouvoir exécutif et au détriment du pouvoir législatif. » C’est à ce « déséquilibre » qu’il convient de s’attaquer … mais sans toucher aux « grands équilibres de nos institutions ».

Il faut s’approcher de la Constitution de 1958 avec le respect que l’on doit à un grand texte qui a jusqu’à présent rendu de grands services à notre pays. Je ne suis pas sûr que dans le passé on n’ait pas déjà pris trop de libertés avec notre Constitution sans en peser toutes les conséquences. Je l’ai dit au cours de la campagne présidentielle : je n’ajouterai pas l’incertitude institutionnelle à la crise identitaire et sociale que traverse notre pays. Je ne changerai pas les grands équilibres de nos institutions. Je ne tournerai pas la page de la Ve République.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s