04_en amont du Congrès : tractations, négociations, revirements

les radicaux de gauche :
des alliés indispensables

Il a paru évident assez vite que tous les « fortes têtes » de l’UMP ne se soumettraient pas aux injonctions de la Présidence. Pour pallier cette défection – prévisible – le démarchage individuel pourrait se révéler très hypothétique. En conséquence, c’est tout un groupe parlementaire qu’il fallait « travailler » : seuls les radicaux de gauche pouvaient – raisonnablement … et à certaines conditions ! – apporter leur soutien à la révision de la Constitution. Leurs 18 voix – en comptant députés et sénateurs – constituaient une réserve intéressante.

Récit des tractations et des évolutions ( des « reniements », diraient certains ! ) par le sénateur J.M.BAYLET, porte-parole des radicaux de gauche au Congrès .

J.M.BAYLET commence par deux piqures de rappel ( pour le cas où de mauvaises langues … ) :
1)  Les radicaux n’ont pas changé de position. (Murmures sur divers bancs.) Nos aînés étaient hostiles à la Constitution de 1958 et nous y restons opposés.
2) Nous avons milité, depuis, pour l’avènement d’une VIRépublique, dont la Constitution garantirait la stricte séparation des pouvoirs. […]  Pour ce faire, les députés et les sénateurs radicaux de gauche ont même déposé, lors de la précédente législature, une proposition de loi constitutionnelle.

« En conséquence » de quoi :
les radicaux n’ont pas dissimulé leur déception lors de la présentation du projet de loi constitutionnelle : nous sommes encore loin de la réforme en profondeur que nous appelons de nos vœux.

Mais – revirement –
Ils n’ont toutefois pas caché non plus leur intérêt pour ce texte (Rires et exclamations -« Tartuffe ! »- sur plusieurs bancs) : dans ses dispositions essentielles, il propose des améliorations que nous réclamions – et vous aussi, d’ailleurs – depuis bien longtemps.

S’ensuit une opération mettant dans la balance le pour et le contre, les avancées et les insuffisances de la réforme.

D’un côté de la balance :
D’abord, nous sommes républicains. Et nous regardons comme un progrès tout ce qui rééquilibre les institutions au profit des citoyens et de leurs représentants.
Il en va ainsi du respect du pluralisme politique,
du droit d’initiative législative des citoyens,
du droit de réponse de l’opposition au Président de la République,
des nombreuses améliorations du travail parlementaire,
qu’il s’agisse de la procédure législative
ou des pouvoirs de contrôle et d’investigation des deux assemblées.
Bien loin de nous satisfaire totalement, ces différentes avancées contribuent indiscutablement à une plus large respiration de notre démocratie.

Sur l’autre plateau de la balance :
Nous regrettons – oui, nous regrettons – que la réforme ne soit pas allée plus loin, en particulier vers une concrétisation effective du pluralisme politique dans les modes de scrutin et dans la redéfinition du corps électoral du Sénat.

Et J.M.BAYLET de terminer son intervention par une leçon de philosophie politique qui mériterait de figurer dans les manuels de science po :
[ Les radicaux de gauche ] savent que le mieux est souvent l’ennemi du bien, et que l’on ne peut rêver d’idéal et d’absolu sans composer avec la réalité. Si nous allions, au nom de ces regrets, refuser ce que nous approuvons par ailleurs, nous aurions tous perdu sur les deux tableaux.

Chez les radicaux de gauche, 12 suivront J.M. Baylet et voteront OUI.

Mais, que cela soit bien entendu ( pour le cas où de mauvaises langues … ):
« Les radicaux de gauche sont dans l’opposition et ils s’y tiennent fermement. ».

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