débattre : à quoi çà sert ? Le contr’exemple du débat sur les retraites 2010

2) donner FORME à la loi

Là, c’est tout le travail d’amendement. Or, on n’a jamais vu si peu d’amendements discutés et mis au vote que dans cette parodie de débat. Quand on se reporte au Compte rendu intégral de la dernière séance, cela donne le tournis de voir défiler une « palanquée » d’ amendements adoptés sans aucun débat, avec la mention « Les auteurs de l’amendement n’ont plus de temps pour le défendre ». sans compter les amendements dont les députés n’ont pas pu discuter ne séance plénière … parce qu’ils avaient été adoptés en commission et que maintenant c’est le texte de la commission qui vient en débat en séance plénière.
Et que dire de ces amendements bricolés en dernière minute par le Gouvernement ( par exemple, ceux qui concernent un sujet complexe comme celui des « polypensionnés » – il faut dire que la seule chose qui a été inscrite dans la loi, c’est la production d’un rapport !).

Nul doute qu’avec de telles méthodes – indépendamment du caractère injuste et nocif de beaucoup des mesures prises – leur application va donner lieu à de nombreuses difficultés d’interprétation et/ ou d’application.
En tout cas, ce n’est pas ainsi que l’on fera les lois « claires, simples et lisibles » dont tout le monde – députés et citoyens – rêvent.

Donner FORME à la loi, c’est aussi trouver les bons équilibres, arrêter la pendule des chiffres et des nombres en un point que la majorité estime être le point d’équilibre. Cette bataille sur les chiffres fait souvent ressembler l’Assemblée à un gigantesque champ de foire où s‘agitent maquignons et autres spécialistes du négoce (d’autres parleraient de « marchands de tapis » !)
On peut s’en indigner … ou en sourire ! – mais le débat qui vient de se dérouler me fait regretter ces empoignades. Ici, on a jonglé avec le calendrier ( 2012 … 2018 … 2025 …) mais les chiffres – les fameuses bornes (62 ans, 67 ans) ne pouvaient pas être discutés. C’étaient les seuls  possibles, les seuls nécessaires. Le seul moment où il y eut un débat de ce type, c’est quand BAYROU a réussi à enflammer l’Assemblée et à faire bouger les lignes à propos des 67 ans (il voulait en rester à 65 ans).