2003 :chronique du deuxième débat sur la sécurité

Les populations à problèmes ( 3) :
les gens du voyage

Article 20/amendement, n°93 :
«  Le fait de s’installer en réunion, en vue d’y établir une habitation, même temporaire, sur un terrain appartenant soit à une commune  […] soit à tout autre propriétaire autre qu’une commune, sans être en mesure de justifier de son autorisation ou de celle du titulaire du droit d’usage du terrain, est puni de six mois d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende. »

Le ministre :

    « Le problème des gens du voyage a lui aussi fait l’objet de nombreuses polémiques. Je sais qu’un certain nombre d’entre eux sont inquiets. Là encore, il faut regarder les choses en face. Qui pouvait penser que le Gouvernement se présenterait devant votre assemblée sans évoquer cette question ? Je tiens à votre disposition les innombrables lettres de maires communistes, socialistes, UMP ou centristes appelant au secours le ministre de l’intérieur que je suis pour faire dégager des terrains occupés illégalement par des campements de dizaines de caravanes qui, pendant les six mois du printemps et de l’été, rendent la vie impossible dans leur ville. Voilà la vérité ! Les maires, qu’ils soient socialistes ou UMP, sont confrontés aux mêmes difficultés !
[…]
    Et les électeurs leur demandent la même chose :  » Comment se fait-il que, si je dépasse de quelques minutes le stationnement autorisé par un parcmètre, j’aie une contravention alors que vous, monsieur le maire, vous tolérez que, sur un terrain occupé illégalement, on puisse pendant des semaines se brancher tout aussi illégalement sur les réseaux d’eau ou d’électricité (Applaudissements sur les bancs du groupe de l’Union pour la majorité présidentielle et du groupe Union pour la démocratie française) et que État et vous ne faites rien ?  »
    Laisser les élus locaux seuls face à cette situation, c’est tout simplement une démission de la part des autorités gouvernementales ! Il est temps d’y mettre un terme. »

Éléments du débat.

    « – M. Jacques Myard    Aujourd’hui, monsieur le ministre, vous nous proposez un premier pas, bien modeste, avouez-le, car il ne suffit pas de créer un délit pour que tout rentre dans l’ordre. Je crois que vous aurez le soutien des maires, quelle que soit leur couleur politique, si effectivement, demain, la France met en oeuvre une politique d’insertion et de sédentarisation, afin que le nomadisme ne soit que l’exception et revienne dans des limites beaucoup plus acceptables pour notre société. Il faut se méfier de l’esprit de système dans lequel certains, à gauche, font merveille ! (Applaudissements sur les bancs du groupe de l’Union pour la majorité présidentielle. – Protestations sur les bancs du groupe socialiste et du groupe des député-e-s communistes et républicains.)
    […]
    – M. Serge Blisko. Je ne comprends d’ailleurs pas comment on peut viser ainsi un groupe humain.  […]: Remplacez les gens du voyage, dans les déclarations de tel ou tel, par un autre groupe régional ou ethnique présent en France et il y aura de quoi vous préoccuper quant à l’égalité des citoyens devant la loi. (Protestations sur les bancs du groupe de l’Union pour la majorité présidentielle.)
    – M. Jacques Myard.C’est lamentable d’entendre ça !
    – M. Serge Blisko. Vous désignez ainsi à la vindicte populaire une catégorie particulièrement maltraitée du point de vue économique. (Protestations sur les bancs du groupe de l’Union pour la majorité présidentielle.)
    – M. Jacques Myard.Nul !
    ”- M. Serge Blisko. Toutes les caravanes des gens du voyage ne sont pas tirées par des Mercedes. (Rires et exclamations sur les bancs du groupe de l’Union pour la majorité présidentielle.)
    – M. Philippe Cochet. Nous ne voyons pas les mêmes ! »

Une intervention « différente » à droite … quand même ! :

    « – Mme. Christine Boutin.Monsieur le président, monsieur le ministre, mes chers collègues, nous sommes au cœur d’une problématique qui oppose des intérêts divergents : la liberté d’aller et de venir, le droit de propriété, la sécurité, le respect de la dignité de tous, y compris de ceux qui ont des habitudes de vie différentes des nôtres.
Il ne s’agit pas de stigmatiser qui que ce soit. Lorsque l’on parle de gens du voyage aujourd’hui, on désigne aussi bien des hommes, des femmes, des enfants qui respectent le bien d’autrui, tout en ayant des habitudes de vie différentes, que tous ceux qui, relevant de réseaux mafieux, volent, pillent et nuisent à l’image des honnêtes gens, toute la difficulté est là.
 »

Mais le discours modéré de C.Boutin fait exception.

Les « maires-députés » interviennent surtout pour tenter de durcir le dispositif. Il faut voir à quel point ils font preuve d’imagination pour traquer les « fautifs » dans leurs moindres manquements et (tenter de) prévoir tous les cas de figure.