16/le lien électeur-député et autres liens


Où il est question du lien électeur/ élu ( qui est, disent les députés, un « lien direct » et un « lien de confiance » ) … et  multiples autres formes  du LIEN.

LE PARLOIR DE LA NATION / Errance 16

La fable du représentant amoureux …125
Le lien député / électeur (et autres liens) …128
La  «  ronde des mots » qui disent le « lien » …131

[résumé]

La fable du représentant amoureux

C’est parce qu’ils n’ont pas été fidèles en amour que nos chevaliers servant ont été condamnés à errer dans le Val.  D’ailleurs, cet épisode a pour titre : « histoire du Val sans retour ou des faux amants ». Mais cette histoire ne concerne pas que les députés : nous y sommes parties prenantes. Nous aussi, nous sommes condamnés à « errer » … et à « aimer ».

« Je t’aime … tu m’aimes … » (« Passionnément,  pas du tout, à la folie » !) … « Je t’aime, moi non plus. » … « Je t’aimerai toujours … jusqu’à la prochaine fois » … « Et quand je ne t’aimerai plus,  je t’aimerai encore. » … Telle est la relation paradoxale – oh paradoxe ! quand tu nous tiens ! – qui unit l’élu et le citoyen qui l’a élu.

Je m’en vais dire cela, à ma façon, comme une fable : la fable du « représentant amoureux ».

Il était une fois un « représentant » … c’est-à-dire quelqu’un qui est payé pour vendre une marchandise qui ne lui appartient pas. Il agit « pour le compte » d’une société de commerce. C’est pour cela qu’on l’appelle « représentant ».

[…]

A la fin de la période pour laquelle le député-représentant a obtenu un tel « mandat »,  ce dernier devra « rendre des comptes » devant son commanditaire – l’électeur – qui, à son tour, va juger l’action de son  représentant et décider s’il continue ou non à lui faire confiance. Et la concurrence est rude !

En ce pays – et en ce temps – c’est tous les cinq ans que l’électeur est amené à se prononcer. Cinq ans, c’est long ! Comment faire pour maintenir la relation qui s’est établie au moment de l’élection entre le député-représentant et l’électeur-client ?
Il est un mot magique qui dit – qui fait – cela : c’est le mot « LIEN » . Ce qui compte avant tout, pour le député-représentant, c’est ce quelque chose d’indéfinissable qui le « relie » à l’électeur – et réciproquement ! La politique est une affaire de LIEN.

Il s’agit là d’un LIEN très fort. Et il arrive même à notre député-représentant de le dire – de le vivre ? – comme une histoire d’amour !

Ainsi les jours où, au-delà des temps et des espaces agités, au-delà des querelles boutiquières et des surenchères clientélistes, souffle sur l’Assemblée l’esprit du poète … alors, c’est d’« amour » qu’il est question : « Nous aimons  beaucoup les électeurs, et c’est réciproque. »

Telle est la « fable » du représentant amoureux.

Du moins, tel est le premier volet de la fable. Car […] en politique – comme en amour – il y a des jours « avec » … et des jours « sans ». Ainsi, certains jours, il n’est plus question que de « grave crise de confiance » (« les citoyennes et les citoyens ne croient plus personne ».) […]

Morale : et si, après tout,  la politique  n’était qu’une histoire d’amour, une histoire de quête (encore et toujours !) … et de partage, une histoire faite de confiance et de fidélité, avec   des moments d’exaltation  et   des rendez-vous manqués, des séparations –  des « coupures » – et des « réconciliations », bref une version moderne du « Val des faux amants » ?

Le lien député / électeur(et autres liens)

Que l’on se situe sur le versant festif ou sur le versant aride du Val, il apparaît donc que l’« errance» n’est pas une aventure « solitaire ». Ce serait même plutôt une aventure « solidaire ». « Solitudairement vôtre » pourrait dire le député à son mandant.

Et, de fait, il est constamment question du LIEN qui unit – relie – l’élu à celui par lequel et « au nom » duquel il a été élu.;[…]

Mais, nous l’avons vu, le lien est fragile. Les ruptures sont fréquentes. Sans relâche, il faut … « RE-s-taurer des liens de confiance  »… « RE-tisser les fils de la confiance » …  « ré-conci-lier» ( c’est-à-dire remettre du lien où il y en avait et  où il n’y en a plus ).

L’exigence de « ré-conciliation » s’applique à différentes situations. Il peut s’agir d’une « [ré]conciliation » entre deux principes Mais, le plus souvent, c’est d’une « réconciliation entre les Français et leurs élus » qu’il est question. Il peut s’agir aussi d’une « réconciliation » entre différentes fractions du TIERS : c’est ainsi que la loi sur la chasse a pour objet non seulement de « réconcilier » les chasseurs et les élus, mais aussi de « réconcilier  les chasseurs et les autres catégories de la population (« Grâce à cette loi, nous allons réconcilier, j’en suis sûr, ville et campagne, urbains et ruraux. »).

Il faut dire que le lien député / électeur englobe, traduit, reproduit, révèle de multiples autres liens. […]

C’est l’expression « lien social » qui revient le plus souvent dans le discours des députés […]… laquelle notion de « lien social » est souvent mise en relation avec des notions telles que  « cohésion sociale », « corps social ». […]

La  «  ronde des mots » qui disent le « lien »

Ce jour, c’est la « sécurité sociale » ( rappelons-nous [1],cette « bonne fée », qui est  « un pilier de la cohésion sociale » et qui « nous renvoie à ce qu’il y a de plus commun entre les hommes : la maladie, la souffrance et la mort ») qui mène la ronde.

« Cohésion sociale », « protection sociale » et aussi « justice sociale » seront aussi de la danse.

Et aussi, le « partage » ( « la volonté généreuse de partager avec d’autres l’un de nos biens les plus chers : la nationalité » / « une France qui réussit, qui partage » ) … la « solidarité » – laquelle sera parée de divers atouts ( il y aura … la « solidarité entre les générations » … la « solidarité entre les territoires » … la « solidarité entre tous les Français » … la « solidarité nationale » …)

Là, ce sera l’« intégration » qui entraînera dans la ronde … « accueil » … «  ouverture » … (« Jusqu’à présent, on accueillait sur le pas des portes, mais on n’ouvrait pas les maisons.») … « hospitalité »  ( « Il faut que nous puissions retrouver le goût d’habiter une culture, une langue et un pays où soit non plus un crime, mais une vertu.») …

Puis la ronde sera l’occasion de mettre en scène le « corps social » … le « corps des citoyens » …c’est-à-dire l’ensemble de celles et ceux qui ont en « commun » …  un « patrimoine » … un « destin » (« Nous sommes aujourd’hui face aux choix qui décideront de notre existence comme communauté de destins. »)  … des « valeurs » …

[…]

Et il sera temps, avant que les lampions ne s’éteignent et que la musique ne s’arrête ,  de « réveiller notre mémoire collective » … de nous « rassembler » (« pour assumer les choix de [notre] avenir ») … et d’évoquer – ce sera la figure qui va clôturer cette ronde – le « vivre ensemble »

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